Masters 1000 de Rome: En forme au meilleur moment, Nadal et Djokovic ont-ils pris rendez-vous en finale de Roland?

TENNIS Après la finale à Rome, leur affrontement à Roland-Garros semble inéluctable

William Pereira

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Indiscrétion 20 Minutes
Indiscrétion 20 Minutes — Gregorio Borgia/AP/SIPA

Djokovic avait prévenu après sa demi-finale contre Schwartzmann à Rome : jouer Rafael Nadal sur terre battue, « c’est le défi ultime ». Le genre de poncif doublement agaçant. Déjà parce que c’est un poncif et ensuite parce qu’on ne peut pas reprocher au Serbe d’en abuser dans ce cas précis. En battant Nole en finale du Masters 1000 de Rome, l’Espagnol est effectivement redevenu le « défi ultime » avant le début de Roland-Garros la semaine prochaine. Mais le finaliste du jour – qui est aussi le vainqueur du tournoi de Madrid – est lui-même revenu à un niveau assez remarquable. Si bien qu’en deux semaines, le baromètre est passé du Roland de la next gen menée par « Thiemtsipas » à un inéluctable 55e Rafa-Djoko dans trois semaines, porte d’Auteuil. Alors, la finale des Internationaux de France sera-t-elle la même qu’à l’Open d’Australie​ ?

Oui, les deux gloutons sont en confiance

Expédions le cas Nadal. En deux manches, il reste prenable sur terre-battue. Mais pas trop non plus. Il n’y a qu’à compter les roues de vélos passées par l’Ibère à ses victimes romaines (dont le premier 6-0 de l’histoire de sa rivalité avec Nole) pour dégoûter les optimistes. En trois manches, c’est encore pire. Onze titres à RG et seulement deux échecs : contre Soderling – il y a une éternité – et Djokovic – il était en dessous de tout. 97,7 % de victoires à Paname, le meilleur pourcentage sur un Grand Chelem de l’ère Open, bref, un carnage. Sauf blessure ou participation surprise de Thanos au tournoi, l’Espagnol ira au bout.

Reste Djokovic. Après un entre-Grand Chelems inquiétant fait de défaites contre des Kohlschreiber, Bautista et Medvedev avec en bonus l’ombre d’un retour du gourou Pepe Imaz dans son clan à Monte-Carlo, le Djoker s’est bien repris. A Madrid, d’abord, où il a calmé les ardeurs des rebelles austro-grecques sans perdre le moindre set. A Rome, ensuite, en imposant son joug à Del Potro et Schwartzmann au bout des trois manches. Preuve que le loustic est prêt à partir à la castagne. Le circuit est prévenu.

Oui, en tout cas c’est pas Federer qui s’y opposera

Ça nous fait mal au cœur et on espère se tromper, mais cette tournée sur terre battue de Roger Federer​ a de plus en plus des airs d’adieux à l’ocre. Outre contre nos Français, toujours aussi bons dans le rôle du faire-valoir (coucou Richard, coucou Gaël), et deux ou trois autres challengers pas au niveau, le Suisse se présente à Roland sans victoire de référence. Pis, son abandon sur blessure avant de jouer Tsitsipas en quarts à Rome après un combat en trois manches dénote autant de la prudence que de la difficulté à enchaîner sur une surface très exigeante physiquement. Le temps rattrape tout le monde, même les meilleurs, Rodgeur…

Non, car les supporters de la Lazio ne seront pas là pour empêcher Thiem de bien jouer

Explications : l’Autrichien s’est incliné jeudi en trois manches contre Fernando Verdasco en Italie. Un revers que Thiem a mis en conférence de presse sur le compte de l’organisation du tournoi. « Ils savaient qu’aucune balle de tennis n’allait être jouée [mercredi, à cause de la pluie] et ils nous ont retenus jusqu’à 19h30 », a protesté l’Autrichien. Des joueurs de tennis ont ensuite été bloqués dans la soirée en raison d’affrontements de rue entre supporters avant la finale de la Coupe d’Italie au stade olympique non loin des courts de tennis.

« Le retour jusqu’à l’hôtel a pris une heure et demie. Quand on sait qu’il va pleuvoir toute la journée, on laisse les joueurs partir vers deux ou trois heures de l’après-midi quand il n’y a pas de circulation et qu’il n’y a pas de gens qui se battent dans la rue. » A Paris, il n’y a plus de foot, donc pas de bagarre. Pour la pluie par contre on promet rien, Dom.

Non, car Gaël Monfils veut gagner Roland-Garros

Ça y est. A 32 ans, Gaël Monfils a « envie de gagner Roland-Garros ». Avant, il s’en fichait, il ne venait que pour deux, trois glissades, haranguer le Lenglen, ça lui suffisait bien. Même qu’il a réussi à faire une demie les mains dans les poches, comme ça. Alors imaginez de quoi la Monf peut bien être capable s’il a envie de gagner.

« Je pense que c’est plus global, j’ai envie de gagner un Grand Chelem tout simplement. Roland c’est celui que j’ai le plus envie de gagner mais je ne me contente pas de me dire que je vais arriver pour le gagner. Je sais que je vais faire le maximum pour être le plus compétitif à Roland », disait-il, début mai. Et le maximum selon notre Gaël national, c’est perdre 6-3, 6-1 contre Ramos-Viñolas à Rome, « prendre quelques jours pour moi et derrière, ça va bien se passer […] Il y a de petites choses que je dois digérer mais avec quelques jours à moi, ça ira mieux ». Rafa et Nole définitivement en PLS.