Strasbourg: Le Racing, l'Europe, quel avenir pour Kenny Lala?

FOOTBALL Le latéral boucle une très belle saison avec le Racing et est convoité pour la saison prochaine

Alexia Ighirri

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Football: Quel avenir pour Kenny Lala, le latéral droit de Strasbourg
Football: Quel avenir pour Kenny Lala, le latéral droit de Strasbourg — GERARD JULIEN / AFP
  • Avec Strasbourg, Kenny Lala a conforté son statut de défenseur le plus offensif des cinq grands championnats avec ses cinq buts et neuf passes décisives.
  • Le latéral du Racing est très suivi en vue du prochain mercato. Si les clubs français ne sont pas au rendez-vous, la Lazio ou encore des clubs anglais se renseignent. Sans faire d’offre pour le moment.
  • Le défenseur « ne ferme aucune porte » et veut jouer l’Europe. Strasbourg, où il a prolongé jusqu’en 2021, a fixé son bon de sortie à 15 millions d’euros, Kenny Lala pourrait bien partir pour une dizaine de millions.

Buteur contre Marseille vendredi à la Meinau, Kenny Lala s’est une nouvelle fois fait une place dans le onze type de la dernière journée de Ligue 1. Le latéral du Racing club de Strasbourg a un peu plus encore conforté son statut de défenseur le plus offensif des cinq grands championnats avec ses cinq buts et neuf passes décisives. « Au niveau de mes stats, je suis déjà très satisfait. Le seul objectif, ce serait d’arriver aux dix passes décisives. Mais ce serait un extra bonus. Je ne vais pas pleurer pour une passe dé’», confie le Strasbourgeois.

Face à l’OM toutefois, des supporters alsaciens et phocéens ont été intrigués de ne pas voir Kenny Lala célébrer son but comme à l’accoutumée, avec sa main devant son visage en référence à un rappeur qu’il aime écouter. Fallait-il y voir, comme ils le sous-entendaient, un signe pour le prochain mercato ? L’intéressé sourit : « Je n’étais pas au courant, parce que je ne suis pas très réseaux sociaux. En fait, j’avais une envie de gagner, ce qui a fait que j’ai hésité entre célébrer et prendre la balle dans le but… Et au final j’étais entre deux. Je pensais vraiment qu’il y avait la place de gagner ce match. C’est tout simplement ça, ce n’est pas un signe. »

Pas (encore ?) de clubs français

D’autant que, selon l’entourage du joueur, les clubs français ne se pressent pas. Mais même sans eux, l’intérêt est grand en vue du prochain mercato pour Kenny Lala : le joueur de 27 ans, certes sans autre expérience que la Ligue 1 mais évoluant à un poste qui ne regorge pas de grands talents, est très suivi et les rumeurs nombreuses. Si la Lazio, après son intérêt l’hiver passé, est toujours au contact (contrairement aux Allemands de Wolfsburg), des clubs anglais se sont aussi renseignés.

Il n’y a, pour le moment, pas d’offre : les clubs souhaitant éviter la surenchère à un mois de l’ouverture du mercato d’été et attendant aussi de voir dans quelles compétitions ils évolueront et avec quel effectif. L’heure n’est donc pas aux négociations mais à la demande de renseignements, à la supervision du joueur et aux discussions pour savoir ce qu’il aimerait.

Progresser avec l’Europe

Alors, que veut Kenny Lala ? S’il dit en discuter très brièvement avec ses conseillers et ne pas se prendre la tête avec cela, il l’affirme : « C’est sûr qu’aujourd’hui j’ai envie de progresser, je ne ferme la porte à personne. J’aimerais jouer l’Europe parce que je m’approche d’un âge où je suis en pleine forme, j’aimerais bien voir ce que ça donne au haut niveau si on m’en donne l’occasion. » Strasbourg avec l’Europa League, un plus grand club qui joue l’Europe… « Il y a des clubs qui ne jouent pas l’Europe, qui sont malchanceux mais qui restent de très grands clubs », glisse-t-il mystérieusement.

Les rumeurs sur son avenir, à quoi il faut ajouter la tendance d’une première sélection en équipe de France, semblent glisser sur lui. « Ce n’est pas quelque chose qui va rester dans ma tête. Après, c’est sûr, mes amis, ma famille, les médias me le rappellent. Le soutien fait plaisir, mais ça ne met pas une pression particulière. » Vraiment ? Cela n’a pas pu peser sur le tout petit coup de moins bien du printemps ? « Inconsciemment, je ne sais pas. En tout cas, je n’ai jamais été déçu de ne pas être appelé en sélection. Ma famille était largement plus déçue que moi, confie-t-il. Je peux comprendre les gens : après l’annonce de la liste des Bleus, mon niveau n’a pas été celui de la première partie de saison, celui que je devais avoir. Mais si je m’arrête de travailler à partir du moment où on parle de moi en sélection ou de moi pour partir, les clubs ou le sélectionneur vont se dire “bah on dit un peu son nom et puis c’est fini”. Non au contraire, à un moment je me devais d’encore élever le niveau. Ce n’était pas facile parce que les adversaires te connaissent mieux, font des prises à deux et à partir de là il faut trouver des solutions… Chose que je n’arrivais pas trop à faire ces derniers temps. Quand on ne les trouve pas, forcément ça agace et on perd un peu le fil du match. Je sais que c’est un point sur lequel je dois encore travailler. »

Dix millions d’euros pour un départ ?

En plus d’affoler les stats, le latéral si suivi affolera-t-il les compteurs ? Début 2019, Kenny Lala avait prolongé son contrat à Strasbourg jusqu’en 2021, avec un deal assez clair passé entre ses conseillers et le club. En cas de grosse offre, Strasbourg discutera. « Aujourd’hui s’il y a un transfert et que je dois partir, c’est que le club a accepté et qu’au final tout le monde sera heureux. S’il y a un truc qui ne convient à personne, je resterai ici », résume le défenseur.

Si Kenny Lala venait à partir, « il ne partira pas pour des cacahuètes », nous souffle-t-on. Le Racing en voudrait 15 millions d’euros (au-delà de la vente record de Jean-Eudes Aholou à Monaco pour 14 millions), mais le latéral pourrait plus raisonnablement partir pour environ 10 millions. « La somme ça ne me met pas de pression. Aujourd’hui le football, c’est devenu du business. Ce n’est pas à moi de gérer les sommes, je gère le terrain. Malgré tout il reste trois matchs à jouer cette saison, il faut rester professionnel. » A commencer par un déplacement à Dijon, samedi (20h).