Paris-Roubaix: «C’était un peu vexant»... Arrivé hors-délai l'an passé, le Lituanien Siskevicius termine neuvième

CYCLISME Le coureur de Delko-Marseille avait fait rouvrir le Vélodrome de Roubaix l’an passé. Il n’en a pas eu besoin cette année

Francois Launay

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Siskevicius lors de Paris-Nice 2017
Siskevicius lors de Paris-Nice 2017 — Philippe LOPEZ / AFP
  • Arrivé hors délai l’an passé, le Lituanien s’est offert un top 10 ce dimanche.
  • De quoi faire taire les moqueries et chambrages reçus depuis sa mésaventure de 2018.

La revanche sur le sort est belle. Héros malgré lui l’an passé, Evaldas Siskevicius avait le sourire cette fois-ci à l’issue du Paris-Roubaix. Classé neuvième de la course, le Lituanien a obtenu son plus beau classement dans une classique. Surtout, le coureur de 30 ans, membre de l’équipe Delko-Marseille, a coupé court aux moqueries qui ne le lâchaient plus depuis un an.

Arrivé hors délai l’an passé, Siskevicius avait tenu à faire rouvrir le Vélodrome de Roubaix pour aller au bout de sa souffrance. L’image avait fait le tour du web et lui avait valu d’être titillé par ses propres coéquipiers.

« On ne parle plus de lui comme un coureur qui est juste capable de terminer Paris-Roubaix »

« On l’a beaucoup chambré par rapport à cette expérience. Arriver quand le portail est fermé, c’est toujours un peu spécial. Mais après, on a trouvé ça à la fois drôle et ça lui a mis un objectif. Qu’on ne parle plus de lui comme un coureur qui est juste capable de terminer Paris-Roubaix. Aujourd’hui, il a prouvé qu’il faisait partie des meilleurs du monde sur cette course. L’histoire est très belle », se réjouit Andy Flickinger, son directeur sportif.

Très fier de sa performance, Siskevicius a savouré le moment au téléphone en larmes avec sa femme. « Ça fait énormément de bien. Les coureurs comme moi travaillent souvent dans l’ombre. Et quand on a un moment de joie, c’est super. Au début, ma mésaventure de l’an passé me faisait plaisir. J’avais beaucoup de messages mais après, c’était un peu vexant car tout le monde me parlait de ça. Quand on est cycliste, on est fier quand on parle de nos résultats. Et cette année, j’ai prouvé que j’étais capable de faire ça avec les jambes. Mon équipe et mon entraîneur ont fait un travail énorme », se réjouit le coureur lituanien, qui ne voulait pas s’aligner sur la course cette saison.

Au final, le trentenaire a réalisé la plus belle performance de sa carrière. De quoi faire définitivement taire les moqueries « Je pense que c’est fini », se marre Siskevicius. On pense aussi…