Paris-Roubaix: Philippe Gilbert, un monument taillé pour la gloire

CYCLISME A 36 ans, le coureur a remporté dimanche la reine des classiques pour la première fois et ajoute une ligne de plus à un palmarès déjà exceptionnel

Francois Launay

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Philippe Gilbert a remporté au sprint Paris-Roubaix
Philippe Gilbert a remporté au sprint Paris-Roubaix — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Le Belge a remporté dimanche son premier Paris-Roubaix.
  • A 36 ans, le coureur ajoute une ligne de plus à un palmarès déjà exceptionnel.
  • Le monde du vélo n’a plus de mots pour décrire la carrière du Wallon.

C’est le coureur wallon préféré des Flamands. Le genre de type à vous réunifier à lui seul la Belgique grâce à son charisme et ses performances exceptionnelles. En s’imposant dimanche pour la première fois sur Paris-Roubaix, Philippe Gilbert est encore entré un peu plus dans la légende de son pays et de son sport.

Avec ce quatrième monument sur cinq (Paris-Roubaix 2019, Tour des Flandres 2017, Liège-Bastogne-Liège 2011, Tour de Lombardie 2009 et 2010), celui qui a aussi remporté un championnat du monde (2012) a quasiment coché toutes les cases du vélo mondial. Hormis les grands tours pour lesquels il n’est pas taillé, il lui manque juste Milan San Remo pour réaliser le grand chelem des plus grandes courses du monde. De quoi bluffer tout le monde. 

« Chapeau Monsieur »

« Quand tu gagnes un championnat du monde, quatre monuments sans compter des étapes du Tour et d'autres choses, tu entres dans la catégorie des très grands champions » admire Patrick Lefévère, son directeur sportif chez Deceuninck Quick-Step.

« Il le mérite. Avec Paris-Roubaix, c’est une légende de plus pour lui. Chapeau Monsieur ! A 36 ans, c’est pas mal », lâche, impressionné, Florian Sénéchal (6e) son coéquipier français.

Pas taillé pour les pavés à l’origine

Comme eux, ils sont nombreux à utiliser les superlatifs pour décrire le succès du Belge sur les pavés du Nord. Puncheur en début de carrière, Gilbert est venu sur le tard aux pavés, après son passage chez Quick-Step il y a deux saisons.

« A la base, je suis quelqu’un qui a des qualités de puncheur qui sont adéquates pour les Ardennaises. J’en ai profité dans la première partie de ma carrière. Et après, j’ai fait le pari un peu osé de travailler différemment en rejoignant l’équipe Quick-Step. J’ai mis toutes les chances de mon côté pour réussir ce pari un peu osé. J’y suis arrivé en peu de temps. La première année (2017), je gagnais le Tour des Flandres et la troisième année, je gagne Roubaix. Ça veut dire que j’avais raison de croire en ce pari. Mais dans la vie, on a besoin de challenges excitants. C’est ça qui est bien dans le sport. Tout est possible », se réjouit le nouveau vainqueur de l’enfer du Nord, qui a fini en larmes à l’arrivée.

Les regards tournés… vers la semaine prochaine

Après ce nouveau triomphe, Philippe Gilbert ne veut pas s’enflammer. Quand on lui parle du titre olympique qui se jouera à Tokyo l’an prochain, il préfère d’abord se concentrer sur la semaine prochaine. « Il y a l’Amstel qui arrive puis Liège-Bastogne-Liège et ça suffira. Il ne faut pas regarder trop loin et profiter de ma forme. Je pense que c’est réalisable », estime Gilbert, qui a fait disparaître le mot impossible de son vocabulaire depuis des lustres.