FC Nantes-LOSC: «On s'est totalement perdu»... Comment Nantes a plongé en sept minutes chrono

FOOTBALL Ce dimanche, à la Beaujoire, Nantes, qui menait 2-0, a explosé (2-3) en sept minutes face à Lille, deuxième du championnat

David Phelippeau
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Le désarroi de Pallois.
Le désarroi de Pallois. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Mais comment c’est possible ? « Je ne sais pas, mais il faut se poser pas mal de questions parce que ce n’est pas la première fois… » Vahid Halilhodzic a eu du mal à mettre des mots sur ce mal récurrent. Nantes, qui semblait bien parti pour jouer un vilain tour à Lille (2e de L1) ce dimanche en menant 2-0 grâce à Valentin Eysseric (54e) et Coulibaly (56e), a failli (2-3). En sept minutes, la défense, pourtant point fort du FCN depuis le début de la saison, a complètement craqué. Sept minutes fatales durant lesquelles les Canaris ont perdu pied, à l’image de Nicolas Pallois, fautif sur le troisième but et qui a plaidé coupable devant les médias.

Un trou noir difficile à expliquer de sept minutes

« On était bien défensivement tout le match à part pendant ce laps de temps », avoue le défenseur central, qui avant le passage à vide a eu la balle du 3-0. « Un match ce n’est pas 60 minutes, peste Valentin Eysseric, qui a manqué le penalty (un deuxième pour le FCN) de l’égalisation à 8 minutes du terme. On s’est totalement perdu. On a eu peur j’ai l’impression. On était avertis. » Le 10 février, déjà à la Beaujoire, le FCN avait déjà connu un scénario cauchemar comme celui-ci contre Nîmes. Menant 2-0, les Canaris avaient coulé à pic en une mi-temps pour finalement s’incliner 2-4.

« C'est peut-être un problème psychologique, peut-être qu’ils ont peur de gagner, tente d’analyser coach Vahid. C’est inexplicable, c’est vraiment un cauchemar total. Parce qu’en plus je pense qu’ils ont fait un bon match. On a tellement travaillé pour ce match et tout en sept minutes est tombé à l’eau. Le plan a marché sauf sept minutes. Sept minutes ça suffit pour renverser 2-0 à domicile alors qu’ils n’avaient pas eu une occasion. » Valentin Rongier se rend aussi à l’évidence : « Quand on mène au score, on se met à avoir peur de l’adversaire et on se met à reculer. Cela peut-être dans la tête… »

Pas de panique encore pour le maintien, mais…

Avant d’être pris dans un tourbillon, Nantes faisait un match appliqué et surtout regardait dans les yeux le dauphin du PSG. « J’ai mon analyse mais je la garde pour moi, je la donnerai demain [lundi] aux joueurs », poursuit Halilhodzic, le regard encore plus noir que d’habitude.

A neuf matchs de la fin, 8 points séparent le FCN (15e) du barragiste, Caen. « On est tous dans la même galère, on n’est pas sauvés et on est très de l’être, dramatise (un poil) Eysseric, qui a avoué avoir loupé son premier penalty de sa carrière. On a tous conscience qu’on n’est pas sauvés, mais peut-être qu’on se dit que les autres équipes auront du mal à revenir et qu’on a des points d’avance. » Effectivement, à force de se dire ça, ça peut devenir dangereux.