Un supporter nantais brandit une photo d'Emiliano Sala, mardi 22 janvier 2019 à Nantes.
Un supporter nantais brandit une photo d'Emiliano Sala, mardi 22 janvier 2019 à Nantes. — L.Venance/AFP

QUESTIONS

Disparition d'Emiliano Sala: Propriétaire de l'avion, identité du deuxième pilote... Les zones d'ombre autour du vol

L'appareil à bord duquel est monté Emiliano Sala n'est jamais arrivé à destination. Que s'est-il passé? Le vol soulève toujours plusieurs interrogations...

  • L'Argentin a disparu lundi soir lors d'un vol entre Nantes et Cardiff.
  • Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer ce qui a pu se passer.
  • L'identité du pilote de l'avion est désormais connue.

L’avion à bord duquel se trouvaient le footballeur Emiliano Sala et un pilote est toujours recherché depuis sa disparition des radars, lundi soir, vers 21 heures. Le vol, opéré par une compagnie privée, a décollé à 20h15 de la piste principale de l’aéroport Nantes-Atlantique. Il devait rallier Cardiff, au Pays de Galles. Son issue tragique soulève plusieurs zones d’ombre. Le point.

 

  • Quelles étaient les personnes à bord de l’appareil ?

La présence de l’ancien buteur du FCN ne fait plus aucun doute. Mais le nombre de personnes qui l’accompagnait a longtemps été incertain. 20 Minutes est en mesure d’assurer qu’il n’y avait que deux personnes à bord : Emiliano Sala et le pilote. Aux commandes, Dave Ibbotson, un Anglais de 60 ans vivant dans la banlieue de Leeds, père de trois enfants et ingénieur gazier de profession. Il conduisait des avions pour plusieurs clubs de saut en parachute à travers le pays, ce qui nous a été directement confirmé. Sur son compte Youtube, il apparaît dans une vidéo en train de piloter l’un de ces avions en 2012. Pour autant, sa présence sur ce vol reste un mystère : il n’était pas enregistré sur le registre de vol déposé à l’aéroport de Nantes, selon nos informations.

Capture d'écran d'une vidéo du pilote de l'avion
Capture d'écran d'une vidéo du pilote de l'avion - Capture d'écran Youtube
  • Un second pilote devait-il embarquer dans l’avion ?

Lundi soir, trois personnes ont bien passé les différents barrages à l’aéroport Nantes-Atlantique. Ils ont tous les trois rejoint le tarmac. Un seul pilote est toutefois monté dans l’avion, Dave Ibbotson, qui n’était donc pas prévu initialement sur le vol. Le troisième homme, dont le registre de vol indique qu’il pourrait s’agir d’un certain Dave Henderson, pilote très expérimenté, n’est pas monté dans l’avion. Pourquoi n’a-t-il finalement pas pris place dans l’appareil ? Mardi, Dave Henderson a posté un message sur son compte Facebook en précisant qu’il était bien vivant. Ce mercredi matin, sans doute harcelé, il a désactivé son compte. Plusieurs de ses proches ont assuré à la BBC qu’il ne s’agissait pas de lui et qu’il n’était pas à Nantes - ni en France - lundi.

  • A qui appartenait l’avion ?

L’avion, de type Piper Malibu, livré en 1984, est immatriculé N264DB en Angleterre. Le club de Cardiff City dément l’avoir affrété. « Nous avons demandé au joueur s’il voulait que nous prenions des dispositions pour son vol qui, très franchement, aurait été un vol commercial, rapporte le président du club, Mehmet Dalman, cité par Wales online. Il a refusé et pris ses propres dispositions. Je ne sais pas qui a organisé le vol, mais ce n’est certainement pas Cardiff City. » Selon le Times, l’appareil appartient à un célèbre agent de joueurs, Willie McKay, proche du club gallois. Une information que peut confirmer 20 Minutes. McKay aurait facilité le transfert de Sala à Cardiff.

  • L’avion était-il en bon état ?

Dans un message vocal laissé lundi soir à des amis, Emiliano Sala faisait part de son inquiétude sur l’état de l’appareil au moment du décollage à Nantes. « Je suis dans l’avion, on dirait qu’il est sur le point de tomber en morceaux. J’ai trop les jetons. » La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) explique qu’elle n’est pas responsable de l’état des avions et que les éléments concernant l’entretien de l’appareil disparu « devront être appréciés par les enquêteurs » britanniques. Elle précise toutefois que ces avions privés sont soumis à des normes de maintenance strictes à la demande des constructeurs et organismes certificateurs. « Si on nous signale que tel appareil ne répond pas aux autorisations, on vérifiera sa conformité ou, le cas échéant, on ne le fera pas décoller », indique la DGAC.

  • L’avion a-t-il connu plusieurs échecs au décollage ?

Un proche de Sala affirme que l’avion n’aurait réussi à décoller de l’aéroport nantais qu’après plusieurs tentatives. Interrogée, la DGAC ne confirme pas, expliquant que cette donnée relève de l’enquête. Un expert de l’aviation civile invite toutefois à ne pas juger hâtivement. « Le Piper Malibu est un avion propulseur. Ça peut arriver qu’il cale au démarrage, qu’il ait besoin de plusieurs tentatives. Ça ne signifie pas forcément que l’appareil n’est pas apte à voler. »

  • Les conditions météo étaient-elles mauvaises ?

La disparition de l’avion a été signalée à proximité des îles anglo-normandes, entre 20h15 et 21 heures. Contacté par 20 Minutes, Météo France considère que la situation météorologique au large de la Manche était à ce moment-là « assez classique » et « assez calme ». « Il y avait des pluies éparses de faible intensité. Un vent de sud-ouest modéré, plutôt favorable à un avion. Il y avait bien un front froid en approche avec des précipitations, mais il n’est arrivé sur zone que plus tard dans la soirée. »