Coupe de la Ligue : «On pensait que ça allait être facile»… Le PSG est tombé très bas en prenant de haut l’EAG
FOOTBALL•Les Parisiens n'ont pas toujours joué à leur niveau contre Guingamp...William Pereira
L'essentiel
- Le PSG a perdu contre toute attente face à Guingamp en Coupe de la Ligue (1-2).
- Pour Tuchel et Marquinhos, les Parisiens ont pris le match à la légère.
Au Parc des Princes,
« Les mains dans les poches ». Familier. Sereinement, tranquillement, avec désinvolture. Synonyme, Paris contre Guingamp. Si le football n’a pas été récompensé en laissant des Bretons bien pragmatiques accéder au dernier carré de la Coupe de la Ligue – raisonnement très belge on en convient - il faut aussi avouer que le PSG a tendu le bâton pour se faire battre à jouer en sifflotant. Plus qu’aux trois penaltys accordés par M. Bastien, c’est à la suffisance parisienne que le dernier de Ligue 1 doit sa qualification. Les vaincus en sont conscients, Thomas Tuchel le premier (au micro de France TV) : « Nous avons joué avec trop de confiance et pour ça, cette défaite est difficile. J’ai le sentiment que nous étions trop relâchés. » Marquinhos poursuit sur la même ligne en zone mixte.
« « Ça a peut-être été ça notre erreur, d’être entrés sur le terrain sans la faim de gagner. Tout le monde est conscient qu’on peut faire beaucoup mieux. […] Aujourd’hui le maillot gagne pas de match, le nom gagne pas de match on a vu ça aujourd’hui. […] On pensait que ça allait être facile, on n’a pas mis l’intensité qu’il fallait aujourd’hui. » »
Ou plutôt l’ont-ils mise par intermittence et pas assez longtemps pour éviter la punition. Si on devait compter au doigt mouillé, on dirait que Marqui et ses potes ont mis du cœur à l’ouvrage pendant une douzaine de minutes sur 95.
- Les trois premières avec le poteau de Kyky
- Les trois premières après la pause et la tête de Cavani
- Entre le penalty raté de Thuram et l’ouverture du score de Neymar
- Après le but du 2-1 jusqu’aux trois coups de sifflet
Ça fait peu. Sans compter que le quintuple tenant du titre s’est trop souvent caché derrière Neymar - on peut être agacé par son individualisme mais le Brésilien était le seul capable d’avancer au milieu de 72 adversaires dans un périmètre aussi grand qu’une chambre d’étudiant parisien - en attendant que miracle se fasse. Ça peut suffire un jour où la chance du champion sourit au PSG, pas un soir de Coupe où des phénomènes paranormaux, comme trois pénoches pour la même équipe, se produisent sur votre pelouse. Jocelyn Gourvennec : « pour venir gagner là, il fallait qu’il se passe quelque chose d’anormal et c’est ce qu’il s’est passé. Je n’ai jamais vécu de match avec trois penaltys pour une seule équipe en une seule période. »
Pour le reste, Guingamp s’est pointé avec ses armes, un deux de pique et un trois de cœur, et a respecté un plan de jeu aussi simple que pessimiste. « Nous, on s’est préparé pour les embêter le plus longtemps possible. On savait qu’on aurait des coups à jouer et on les a joués. Ça nous a souri », analyse Thuram. Gourvennec poursuit :
« « Notre plan de jeu a tenu sur la durée et c’est ce que l’on voulait. On a bien défendu, et on n’a quasiment pas commis d’erreurs. C’est ce qu’il faut réussir, mais des fois ça ne suffit pas ! C’est une équipe qui vous sonne. Là, on a réussi à tenir, à être assez habiles dans nos sorties de balle en deuxième période. On les a fait défendre dans leur surface pour provoquer trois penalties. La marge, ici, est infime. » »
Si l’En-Avant repart à la maison avec un exploit dans la besace et des points de confiance non négligeables dans la douloureuse quête du maintien en Ligue 1, le PSG quitte la sienne avec un goût amer dans la bouche. « Le coach a pris la parole, on était tous déçus, c’était un coup dur. Le coach, il a juste dit la vérité et entre nous il faut qu’on se dise la vérité, pas qu’on se cache les choses. Il a dit que ça servirait de leçon pour qu’on ne fasse pas les mêmes erreurs pour la suite. » Tuchel l’a dit, c’est vrai : « dans la défaite, il y a beaucoup de choses à apprendre, c’est nécessaire dans le sport pour continuer à grandir. J’espère que ce n’est qu’un accident. »
Les Parisiens devront au mieux attendre samedi pour avoir leur réponse. Et passer avant ça une sale nuit. Marqui : « c’est le genre de défaite qui vous font vous demander, avant de dormir, « qu’est-ce que j’ai pas bien fait, qu’est-ce que j’aurais pu mieux faire », et je pense que mes coéquipiers pensent aussi comme ça. » Attention à ne pas avoir le mélodrame facile, hein : ce n’est que la deuxième défaite du PSG de la saison. Il y a eu Liverpool et maintenant Guingamp. On appelle ça faire le grand écart.


















