Torsten Frings, l’anti-héros
EURO2008 – Et si le secret de la solidité de la Mannschaft s'appelait Torsten...Pierre Koetschet (à Bâle)
Avec ses cheveux longs, ses tatouages de rockeurs, ses tacles acharnés, les Argentins en auraient bien fait l’un des leurs. Mais Torsten Frings, 32 ans, est Allemand jusqu’au bout des bouclettes.
Solidité, «teamgeist» et frappe de mule, le joueur du Werder Brême est même peut-être le plus pur produit de l’école allemande, et la principale explication de la solidité de la Mannschaft. Bien sûr, pour faire le beau devant le but et les journalistes, attirer les compliments comme les critiques, il y a Michael Ballack. Mais sur le terrain comme dans la vie de groupe, que serait Ballack sans Frings, ange gardien chargé de l’équilibre de l’équipe?
Porte-flingue
Après la défaite face à la Croatie, Michael Ballack, capitaine, convoque une réunion entre joueurs, histoire de résoudre les problèmes «entre hommes». Evidemment, pas grand-chose n’a filtré de la rencontre, sauf une sévère explication entre Ballack et Frings d’un côté, et le défenseur Christoph Metzelder de l’autre. Depuis, tout le monde file droit. Car la doublette Frings-Ballack fait peur.
Pourtant, dans la vie, Torsten n’est pas un monstre. Il aime le heavy metal, les motos, sa femme, ses deux filles et se balader en forêt avec son chien. Sur un terrain, c’est autre chose. Le pitbull, c’est lui.
«C'est de la politique»
Et sans lui, l'Allemagne redevient une équipe d'agneaux. Exemple en 2006. Pris dans une échauffourée, à la fin du match face à l’Argentine, Frings est accusé par une chaîne de télévision italienne d'avoir frappé Cruz (qui lui-même dément!) Frings est finalement suspendu pour la demi-finale face à la Squadra Azzura. Le plus beau geste des Italiens à la Coupe du monde. «C'est de la politique, a ensuite expliqué le milieu Les Argentins nous ont agressé, je me suis défendu et les Italiens ont monté ça en épingle.»
Une absence qui coûte une place en finale à la Mannschaft. C’est dire si l’encadrement allemand était inquiet avant le match face au Portugal. Côte cassée depuis le match face à la Pologne. Evidemment, Frings veut y aller. Pas question de laisser tomber les copains. «On ne va pas prendre de risques, raisonne le manager Oliver Bierhof. Mais je lui tire mon chapeau, il a très envie de jouer.» Pour le remplacer, Joachim Löw aligne finalement deux joueurs...
«Il va avoir des douleurs aux côtes pendant longtemps encore!»
L’Allemagne passe finalement, et Frings n’a aucun envie de manquer un deuxième match d’affilée. Il a déjà loupé les deux tiers de la saison à cause d'un genou en compote, alors ce n'est pas une petite côte de rien du tout qui va l'en empêcher.
«Je suis content, car Torsten est rétabli, a souri Löw lundi. Il est à nouveau en capacité de jouer. Il s'est entraîné normalement et n'a aucun gros problème, même s'il va avoir des douleurs aux côtes pendant longtemps encore!» Tant que cela ne l’empêche pas de jouer au football, faire de la moto, des balades en forêt avec son chien.


















