Les nageurs du relais français sont dans les temps

Romain Scotto

— 

Avec trois nageurs sous les 22 secondes en demi-finales, dont Amaury Leveaux qui a manqué pour 3/100e d'égaler le record d'Europe de son camarade Alain Bernard, la finale du 50 m nage libre des Championnats de France s'annonce sous haute tension, samedi à Dunkerque.
Avec trois nageurs sous les 22 secondes en demi-finales, dont Amaury Leveaux qui a manqué pour 3/100e d'égaler le record d'Europe de son camarade Alain Bernard, la finale du 50 m nage libre des Championnats de France s'annonce sous haute tension, samedi à Dunkerque. — Martin Bureau AFP

Il a donc fallu attendre l’ultime course du dernier jour de cet Open de Paris pour enfin voir une performance digne du cadre ultra-sélect de la Croix Catelan. Jeudi midi, profitant du seul rayon de soleil de la journée, les quatre nageurs du relais 4 fois 100 mètres nage libre ont montré qu’à tout juste 50 jours du début des Jeux, il fallait déjà compter sur eux.

Arrivés à Paris pour «souder leur groupe et apprendre à se côtoyer», Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Frédéric Bousquet et Alain Bernard (dans l’ordre du relais) ont pris le soin de chiper aux Italiens leur record d’Europe. Sur le chronomètre qui surplombe le bassin, le résultat en impose: 3’12’’54, à 8 centièmes seulement du record du monde.

Sans prendre de risques

«Honnêtement, on en avait discuté entre nous hier soir (mercredi), avoue Alain Bernard, encore essoufflé par son effort. On voulait nager autour de 3’14’’. On fait deux secondes de moins. C’est parfait.» Le temps réalisé est d’autant plus encourageant que les quatre nageurs n’ont pas pris le moindre risque dans leur prise de relais.

Jeudi matin, rien ne laissait penser qu’ils pouvaient réaliser un tel chrono. Tous les quatre avaient nagé moins d’une heure auparavant, sans vraiment affoler les compteurs, et ce n’est pas la faible concurrence qui pouvait les pousser à se surpasser (le relais ukrainien, deuxième, est relégué à près de sept secondes).

Oublier la polémique

Vingt-quatre heures après l’incident de mercredi, lors du 100 m individuel, au cours duquel trois nageurs marseillais (dont Bousquet et Gilot) n’ont pas pris le départ pour protester contre la non sélection aux Jeux de leur entraîneur, le DTN Français, Claude Fauquet, n’en espérait pas tant. Ce record lui permet d’évacuer toute polémique et de quitter la compétition sur une touche sportive.

«On a parlé entre nous de ce qu’il s’est passé et tout le monde a compris que cela ne visait pas le relais, poursuit Fabien Gilot. Ce record en est la preuve. On peut même aller encore beaucoup plus vite. On est très loin de notre meilleur niveau. Le record du monde? Il est plus qu'à notre portée. Pourquoi pas une prochaine fois.» A Pékin, par exemple?