Portugal-Allemagne: les clés du match
EURO2008•Choc des footballs à Bâle...Pierre Koetschet (à Bâle)
Choc des cultures à Bâle, entre une équipe d’Allemagne qui a oublié son génie à la maison, et des Portugais ultra-dominateurs en poule, dont on se demande un peu à quel moment ils vont exploser. Quelques duels pourraient faire basculer le match.
Ballack-Petit
«Ce n'est pas grave que Löw ne puisse pas s'asseoir sur le banc face au Portugal en raison de sa suspension. Ballack sera sur le terrain», a expliqué Oliver Bierhoff, manager de l'équipe d'Allemagne, pour bien montrer l’importance du capitaine de la Mannschaft. Le Portugal sait bien que sans son meneur, l’équipe d’Allemagne ne vaut plus grand-chose. Petit a donc annoncé qu’il allait «s’occuper de Ballack». Quand on se souvient que le 8e de finale entre deux belles équipes, les Pays-Bas et le Portugal, s’était terminé en boucherie en 2006, ce n’est pas très rassurant.
Pepe-Klöse
Seul Portugais a pouvoir rivaliser dans les airs avec les Allemands, Pepe aura la lourde tâche de neutraliser Miroslav Klöse, sacré buteur, mais surtout remiseur hors pair. Autant dire que couper l’approvisionnement de Klöse est fondamental, car une fois qu’il a touché le ballon, il est souvent trop tard. Klöse devra lui être suffisamment dangereux pour empêcher Pepe de monter. C’est ainsi que les Portugais avaient débloqué le match face à la Turquie.
Cristiano Ronaldo-Lahm et Friedrich
On souhaite bien du plaisir aux arrières latéraux qui vont devoir s’occuper de Cristiano Ronaldo, qui, depuis le début de cet Euro, a même appris à faire des passes, ce qui le rend encore plus dangereux. Löw devrait donc titularisé le solide Friedrich à droite, et le droitier Lahm à gauche. Une originalité tactique qui offre un avantage inédit: Lahm sera sur son bon pied pour défendre sur les retours intérieur de Ronaldo, quand celui-ci sera sur l’aile droite. Or c’est souvent là qu’il est le plus dangereux.
Deco-Frings
Deco est le cerveau de la sélection portugaise, autant que Frings est le cœur et les poumons de la Mannschaft. Autant dire que le duel entre les deux hommes pourrait faire basculer le match, si duel il y a: Torsten Frings a une côté cassé, et pourrait ne pas jouer, ou alors, sou anesthésie locale. Un guerrier.
Löw-Scolari
Difficile de trouver un duel plus déséquilibré sur le papier: Scolari a privé l’Allemagne de titre en 2002, il vient de signer à Chelsea, expliquant avec bonhomie que «la fédération portugaise ne pouvait pas s’aligner». De l’autre côté, Löw n’a jamais dépassé la D2 comme joueur, il n’était que l’adjoint de Klinsmann lors de la dernière victoire de la Mannschaft sur le Portugal (le match pour la 3e place de la Weltmeisterschaft 2006), et en plus, suspendu après son coup de sang de Vienne, il sera en tribune. Bref, avantage Scolari, sauf pour le look. D’ailleurs, Felipao a un plan, il l’a à moitié dévoilé à la veille du match: «Je lis: Metzelder à 1,93 m, Mertesacker à 1,92 m, Gomez à… Vous en voulez d’autres? Les miens doivent bien culminer à 1,75 m. C’est le genre de match que j’aime. A nous de créer des situations de jeu pour détourner le mur.»


















