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Senna tient la route

Senna tient la route

EURO2008 – Il est à l'Espagne ce que Torsten Frings est à l'Allemagne: le point d'ancrage indispensable d'une équipe ultra-offensive.
A Salzbourg, Antoine Maes

A Salzbourg, Antoine Maes

Dans la Seleccion, Marcos Senna (31 ans) est une rareté. Avec Xabi Alonso, c’est le seul pur milieu défensif du squad d’Aragones. Il est également l’unique joueur noir de l’équipe. Un profil rare en Espagne: normal, il est Brésilien.

Le fils d’Aragones

Un profil qui ne colle pas avec l’image de Luis Aragones, sélectionneur aux sorties racistes (pour rappel, il a traité Henry de «noir de merde»). Mais c’est bien lui qui a installé Marcos Senna comme titulaire. Pour ça, il a fait le ménage, asseyant sur le banc Cesc Fabregas et Xabi Alonso. Preuve ultime de confiance, contre la Grèce, «le sage d’Hortaleza» l’a installé sur le banc… avec tous les autres tauliers. Aragones a aussi fait le forcing pour le faire devenir espagnol. «Un jour, il est venu me voir pour me dire que si je devenais espagnol, il compterait sur moi», explique le joueur de Villareal. Ce qui fut fait en 2005.

Marcos Senna présente en effet un parcours unique chez les Ibériques. Il ne sort pas de la «cantera» du Barça, comme Xavi, Iniesta, Fabregas ou Puyol. Il ne joue ni au Real Madrid (Casillas, Sergio Ramos), ni en Premier League (Torres, Arbeloa). Il est juste l’un des matelots les plus qualifiés du sous-marin jaune de Villarreal, qui a terminé la saison à la seconde place, derrière le grand Real. «Si j’étais aussi fort qu’on le dit, je serai dans un très grand club», avance d’ailleurs le joueur.

Réaliste mais pas traître

Quand on a vu le jour à Sao Paulo, ça doit être dur de s’imaginer disputer un Euro. Marcos Senna en est là, et les Brésiliens ne lui en veulent même pas. «Jouer avec le Brésil aurait été plus compliqué, parce qu’il y a beaucoup de joueur de très bon niveau», explique-t-il. Et puis jouer pour la Seleçao, ça n’a rien d’une première dans la famille. Son cousin n’est autre que Marcos Assunçao, ancien milieu de terrain de l’AS Rome, 11 sélections avec les Auriverde.

Marcos Senna s’est donc rendu indispensable à l’étranger. Son rôle avec les Espagnols est simple: c’est le seul milieu de terrain à venir en aide aux défenseurs ibériques. On a compté et re-compté. Sur les deux premiers matchs, contre la Russie (4-1) et la Suède (2-1), il a frappé une fois au but. Le reste du temps, il bastonne, saute, tacle, remplit les trous laissés par les «artistes» de devant… et dès qu’il a remis les crampons sur le ballon, il le rend à Xavi, le vrai boss du «Tiki-Taka».Un rôle simple, qu’il est le seul à bien vouloir tenir. Pour le moment, ça suffit à faire de lui un titulaire.