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Patrick Vieira: «J'ai les boules»
EURO2008•Capitaine abandonné par sa cuisse...Propos recueillis par Pierre Koetschet (à Zurich)
A la veille de France-Italie, Patrick Vieira, s’est présenté un peu claudiquant devant la presse au Letzigrund Stadion de Zurich pour annoncer qu’il ne jouera pas ce match capital. Ni sans doute les autres, en cas de qualification.
Patrick, où en êtes-vous physiquement?
Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de progression. J’ai repris les entraînements, mais j’ai toujours cette blessure qui m’empêche d’accélérer ou de frapper dans le ballon. Je suis un peu agacé parce qu’il n’y a pas d’évolution.
Quand pourrez-vous rejouer?
Pas demain, je ne sais pas encore. Je savais que j’allais louper le premier match, au pire le deuxième, mais j’étais vraiment confiant sur ma participation à ce dernier match. Mais la douleur est toujours là, et je ne peux pas dire quand je pourrais jouer.
Est-ce que la lésion est cicatrisée? On nous avait parlé d’une déchirure?
On m’a toujours parlé d’une déchirure aussi mais je suis un peu frustré, parce que j’ai pleins de questions, et je n’ai pas de réponses. C’est ce qui ne fout un peu plus les boules… mais je ne sais pas où j’en suis…
Du coup, fallait-il tenter ce pari?
Oui, parce que j’étais confiant, et je ne pense pas ce que ça aurait changé grand-chose. Je suis resté parce que je pensais qu’il y avait de grandes chances que je joue ce dernier match. Malheureusement, la douleur est toujours là, et il n’y a pas eu une grosse évolution par rapport au début.
En quoi avez-vous l’impression d‘être utile au groupe?
Je suis d’abord venu pour jouer. Dans ma tête, j’allais participer à cette compétition. Et je pense que l’expérience des derniers championnats d’Europe, de la Coupe du monde… Je pensais que je pouvais apporter quelque chose.
Comment faites-vous pour remplir votre rôle de capitaine en étant non joueur?
A partir du moment où je savais louper des matchs, à partir du moment où je sais que je ne jouerai pas, l’implication que je peux avoir sur le groupe est assez importante, parce que je discute avec eux. Je connaissais pas mal nos adversaires.
Vous évoquiez votre déchirure. Vous estimez qu’il y a eu une erreur de diagnostic?
Je ne veux pas rentrer dans ce débat-là. On y arrivera, mais il est encore trop tôt. Mais c’est sûr qu’il y a des incohérences sur ma blessure, sur les soins qui ont été fait, et il va arriver un moment où il faudra donner des explications.
Quels conseils avez-vous pu donner avant ce match face à l’Italie?
On connaît bien les Italiens, même s’ils sont dans une situation qui n’est pas aussi favorable que les gens veulent bien le dire ou le penser. Mais on sait que les Italiens sont plus dangereux quand ils sont dans des moments de doute, et c’est là qu’il faudra vraiment être vigilant.
Comment expliquer les failles qu’il y a eu en défense face aux Pays-Bas?
La faille qu’il y a eu en défense, c’est aussi les occases qu’on n’a pas su mettre au fond devant. C’est un équilibre qu’on n’a peut-être pas réussi à avoir, mais c’est sûr que quand on prend quatre buts, c’est plus un problème collectif. Après, c’est un peu trop facile de rejeter la faute sur les défenseurs ou le gardien de but. Mais collectivement, sur le plan défensif, on a peut-être été moins rigoureux ou attentif que le match contre la Roumanie. Et cet équilibre qu’on n’a peut-être pas eu, il faudra le retrouver face aux Italiens.
Est-ce que tu sens les cadres capables de rebondir?
Bien sûr, parce que cette équipe est composée de gagneurs. Quand tu sors d’une défaite aussi difficile, tu as envie de répondre aux critiques, et je suis persuadé que cette équipe va démontrer face aux Italiens tout le bien qu’on peut penser.


















