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Match arrangé: pourquoi les Pays-Bas n’en veulent pas

Match arrangé: pourquoi les Pays-Bas n’en veulent pas

EURO2008 – Malgré les craintes françaises et italiennes, les Oranges n’ont pas intérêt à perdre...
Pierre Koetschet (à Zurich)

Pierre Koetschet (à Zurich)

Evidemment, la crainte est dans toutes les têtes françaises et italiennes. Et si les Néerlandais oubliaient de jouer et laissaient la victoire aux Roumains, un résultat qui éliminerait Bleus et Azzuri...

Pourtant, depuis la déculottée de Berne, Marco Van Basten répète à l’envi que ses hommes ne prendront pas le match de mardi par-dessus la jambe: «Nous affronterons la Roumanie avec la même concentration que lors des deux derniers matchs (face à l'Italie puis la France), a expliqué lundi le sélectionneur batave. Nous nous préparons de la même façon. Avec la même ambition et la même intensité. Je dispose d'un groupe de 23 internationaux très professionnels. En tenant compte de certains paramètres -la fatigue de certains, les menaces de suspension-, j'alignerai la meilleure équipe possible.»

Faut-il en douter? Pas sûr, car en y regardant bien, les Pays-Bas n’ont que peu d’intérêt à perdre ce match. Explications.

Pour maintenir une dynamique positive

C’est l’argument numéro1 de Marco Van Basten, qui sait trop bien que de nombreuses équipes n’ont pas réussi à renouer avec la victoire après avoir laisser filer un match. «Nous sommes dans une logique positive, il faut continuer de la sorte. Gagner nous donne beaucoup de confiance, c'est important. Les sensations doivent rester positives.»

Parce que les Néerlandais n’aiment pas perdre

La confidence est de Robin Van Persie dans la presse néerlandaise: «Je trouve déjà tragique de perdre une simple partie de tennis de table, alors un match de football face à la Roumanie... Je ne peux pas imaginer que mes équipiers n'aient pas les mêmes intentions que moi.» Une motivation renforcée par le fait que la Roumanie est la dernière équipe à avoir balader celle des Pays-Bas. C’était lors des éliminatoires de cet Euro.

Parce que les Néerlandais ont déjà la tête en quart

Lundi, Marco Van Basten a passé une importante partie de sa conférence de presse à parler de l’inquiétant état de la pelouse du Parc St Jacques de Bâle, qui va d’ailleurs être changée. Obsédés par un complexe de perdants magnifiques, les Néerlandais n’ont aucune envie de laisser comme image celle d’une équipe brillante au début, mais qui n’arrive pas à s’imposer dans les matchs à enjeu. «On a fait deux supers matchs, mais ils n’auront servi à rien si on perd en quart», explique Arjen Robben. Pas question donc de faire l’impasse sur le match face à la Roumanie, au nom de la «dynamique» chère à Marco van Basten.

Pour l’armée orange

Les supporters orange sont ceux qui font la plus forte impression depuis le début de l’Euro, bien aidés par les organisateurs qui ont programmé tous les matchs des Néerlandais à Berne. Près de 100.000 dans la capitale suisse vendredi, ils pourraient être au moins 50.000 mardi. «Ce n’est pas dans notre mentalité de rentrer sur le terrain pour perdre, encore moins avec 15.000 supporters dans le stade et 20.000 dehors sans billets», assure Ruud Van Nistelrooy.

Parce que les remplaçants veulent se faire bien voir

Marco Van Basten a obtenu ses deux premiers succès en titularisant une équipe surprise: sans Huntelaar, Heitinga, Afellay, Robben et Van Persie. Ces joueurs, qui devraient être titularisés mardi (sauf Robben), auront à cœur de prouver à leur sélectionneur qu’ils peuvent prétendre à une place en quart. Et une défaite handicaperait sérieusement leurs chances.