Oui, on a un petit souci de carnation sur notre hybride Sarr-Cavani (et un petit souci avec l'outil baguette magique de Photoshop)
Oui, on a un petit souci de carnation sur notre hybride Sarr-Cavani (et un petit souci avec l'outil baguette magique de Photoshop) — SIPA / Photoshop / Paint

FOOTBALL

OM-PSG: La grinta de Cavani, le Mondial de Mbappé... Un supporter de Marseille peut-il avoir un faible pour un Parisien?

Aujourd’hui, le tribunal « 20 Minutes Sport » tranche un des grands débats du supportérisme français : aimer Cavani, est-ce tromper l’OM ?…

  • Si certains supporters de l’OM disent avoir du mal à supporter l’équipe de France, la plupart d’entre eux dissocient équipe nationale et club et sont parvenus à s’emballer au sujet des exploits estivaux de Kylian Mbappé.
  • Mais leur joueur préféré, dans l’effectif du PSG, est l’Uruguayen, Edinson Cavani. Tous, ou presque, louent sa grinta et son sens du collectif.

« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. » Pas de panique. Vous lisez 20 Minutes, pas La Croix. Mais on a quand même décidé de commencer cet article par quelques versets de la Bible, car le sujet que l’on aborde ici est sacré. Est-il acceptable pour un supporter de l'OM de s’emballer pour un joueur du PSG ?

Dimanche, c’est le jour du Seigneur. Et c’est jour de Classico, aussi. Notre petit doigt nous dit que les 65.000 fadas qui peupleront le Vélodrome ce soir ne sont pas prêts du tout à « prier pour ceux qui les persécutent. » Par exemple pour un certain Edinson Cavani, qui l’an dernier a éteint le stade d’un coup franc cruel, dans le temps additionnel ( 2-2). Ou pour Kylian Mbappé, qui aura peut-être envie de faire oublier son match dégueu contre Naples ( 2-2 itou).

Mbappé applaudi dimanche ? Peu probable

« Franchement, c’est le premier joueur du PSG que j’apprécie, soupire Greg, l’OM dans les veines. A la Coupe du monde, à chaque fois qu’il touchait le ballon, j’arrêtais de respirer. » Jonathan, habitué du virage Nord et membre des MTP, embraye : « J’ai vibré devant l’équipe de France au complet, Mbappé compris. Faut être aveugle pour ne pas voir qu’il a du talent : ce sera peut-être le meilleur joueur du monde d’ici quelques années. » Jonathan, Greg, et maintenant Kévin (notre panel est très masculin, déso) : « Mbappé va finir au sommet du foot. Il gagnera le Ballon d’or avant l’autre Brésilienne. »

Avant Neymar, donc, accueilli l’an dernier au Vélodrome par un savoureux mélange « doigts d’honneur/boulettes de papier/évocations poétiques de sa génitrice. » Et Mbappé, qu’est-ce qui l’attend dimanche ? Un peu de déférence pour le prodige qui a ramené la Coupe à la maison ? On ne miserait pas cher là-dessus.

Ronaldinho avait été applaudi par le Vélodrome…

Douze lignes plus haut, Jonathan, notre « MTP », tressait des lauriers au natif de Bondy. Ça ne l’empêchera pas « de le siffler et de l’insulter à mort dimanche. » C’est aussi le genre d’accueil qu’ont prévu les Fanatics, groupe ultra qui met le feu au virage Nord : « Quand Mandanda, Thauvin et Rami ont présenté la Coupe du monde, cet été, avant OM-TFC, chez les Fana, on n’a même pas applaudi. On s’est mis à chanter, normal : l’OM avant tout. »

C’est Daniel, 35 ans, qui parle, et qui nous répète ce que beaucoup de supporters de l’OM nous ont dit. « Mbappé a quand même un côté hautain qui est bien énervant, depuis qu’il est au PSG. » « Est-ce Neymar et le PSG qui l’ont rendu arrogant ? » s’interroge Jonathan, lassé des roulés-boulés de l’ancien Monégasque. Et saoulé par certaines sorties médiatiques. « Ses déclarations l’an dernier pour sous-estimer le clasico nous avaient vraiment énervés », embraye Yannick, membre du Commando Ultra. En fouillant dans sa mémoire, il se souvient d’un Parisien, un seul, applaudi par le Vélodrome… C’était Ronaldinho, en mars 2003, alors qu’il venait d’écraser l’OM au terme d’un match stratosphérique ( 3-0).

Cavani, l’anti-star sympathique

Il y avait un côté presque chevaleresque là-dedans : pas d’admiration, mais du respect pour l’adversaire qui vient de vous terrasser. Yannick reprend le micro. Cette histoire de respect lui donne une idée : « Tu vois, s’il y a un Parisien qu’on respecte aujourd’hui, c’est Cavani. Puissant, combatif, humble. Et puis c’est l’anti-star : il va à la pêche, il fait du cheval, il mouille le maillot. »

« Mouiller le maillot », c’est sans doute l’expression qu’on a le plus entendue en interviewant des supporters de l’OM pour cet article. Exemple avec Maxime, 30 balais, qui nous cite Tony Cascarino en guise de première idole et qui nous a fait l’enchaînement le plus improbable sur ce thème-là. On l’avait lancé sur Mbappé à la Coupe du monde, et voilà ce que ça donne (réalisé sans trucage) :

Au Mondial, j’ai préféré les sacrifices d’un Giroud ou d’un Griezmann, ou la grinta de Lucas Hernandez. Je préfère les joueurs plus besogneux, plus travailleurs, qui ont moins de qualités naturelles. Cavani, c’est exactement ça. Et puis si on l’aime autant à Marseille, c’est aussi parce qu’il n’a jamais été considéré à sa juste valeur au PSG. Il a été envoyé sur un côté pour laisser l’axe à Ibrahimovic, l’arrivée de Neymar l’a relégué comme second couteau… Alors que c’est le seul qui est à la hauteur dans l’engagement ! »

« Si on pouvait recruter un seul Parisien à l’OM, on prendrait Cavani », nous ont répété tous les supporters marseillais interrogés. Ils avouent sans honte cette inclinaison pour l’Uruguayen : « faut vraiment être un supporter intégriste pour n’apprécier que les Marseillais », conclut Greg. Et en 240 signes, le jeune Anis synthétise ce qu’on a écrit en 4.700 caractères : « Cavani serait un dieu vivant chez nous. Mbappé, c’est un monstre. Mais qu’on soit bien d’accord : je veux que les deux se prennent un rouge dimanche. Ou qu’ils se fassent déboîter par Kamara, Rami ou Sarr. » Amen.