PSG-Naples: «On a perdu notre structure», que se cache-t-il derrière ce constat de Tuchel?

FOOTBALL Paris a longtemps été dominé tactiquement par Naples au Parc des Princes avant d’arracher le match nul dans les arrêts de jeu (2-2)…

Julien Laloye

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Neymar et Di Maria en pleine discussion contre Naples.
Neymar et Di Maria en pleine discussion contre Naples. — Francois Mori/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Postulat de départ de ce papier sur lequel il va falloir se mettre d’accord, sans quoi ça ne sert à rien de pousser la lecture plus loin. Le PSG s’est fait trimballer par le Napoli sur toute la côte amalfitaine, en dehors d’une entame vaguement correcte et d’une belle réaction d’un quart d’heure en début de seconde mi-temps. Comme il s’est fait trimballer par Liverpool à Anfield, et par Lyon au Parc il n’y a pas si longtemps, du moins pendant une heure. Un joli 3/3 en trimballage, considérant que le reste du temps, Paris a joué des équipes corpos qui ont débarqué avec le short baissé pour prendre la fessée sans combattre.

Dans les mots de Tuchel, lucide sur les manques de son équipe : « On a perdu notre structure ». Répété plusieurs fois, avec monologue explicatif à la suite.

« Au top niveau, on ne peut pas perdre notre structure, on ne peut pas perdre des ballons faciles. On doit s’améliorer tactiquement, mais aussi dans notre tête. Il faut respecter l’importance de notre possession et de notre position. Nous avons dit à la mi-temps que nous avions perdu notre structure, nous n’avons pas joué ensemble pendant une demi-heure. Si tu ne joues pas avec une structure compacte, tu ne peux pas jouer avec intensité. Quand les espaces sont trop grands, tu ne peux pas jouer avec intensité. C’est capital de fermer les espaces, c’est notre défi ».

Qu’est-ce que le coach du PSG met là-dedans exactement ? C’est le fond du débat et la clé de voûte d’une possible amélioration. Pour ce qui nous concerne : on a rarement vu Paris aussi disloqué sur le terrain qu’en première mi-temps, au point qu’on a pensé, avouons-le, au Lyon bordélique de Pep, où chacun fait ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut pas, sorte de foutoir ambiant plus ou moins joyeux, selon que tes attaquants à 400 plaques te sauvent les miches ou non.

Une équipe coupée en deux, voire en trois

Thomas Meunier, interrogé par RMC à la sortie du terrain, avait cette remarque intéressante : « L’attitude, c’est un pourcentage des choses (qui ne vont pas) qui est pour moi assez faible. Mais, le problème, c’est que l’attitude, ça vient avec la qualité du jeu, avec l’intensité que l’on met dans le match, avec l’envie. En première mi-temps, on a joué sur un faux rythme. Et bizarrement, tu t'agaces, parce que tu as des difficultés à trouver des solutions, à te créer des occasions. En deuxième mi-temps, le langage corporel était beaucoup plus positif, parce que tu as le ballon, tu domines, tu te fais plaisir tout simplement »

L’attitude et le langage corporel des Parisiens, puisque Thomas les met sur le tapis, commencent à poser un vrai problème. Résumons rapidos

  • Les attaquants n’en foutent pas une rame pas en défense, sauf Edi, qui nous fait penser au Giroud des mauvais jours. Le gars est censé jouer numéro 9, pas numéro 6
  • Verratti et Rabiot sont coupés du monde au milieu sur leur radeau de la méduse, et quand le petit Adrien tente de se barrer à la nage, il ne revient jamais. Twitter s’est régalé de ses deux replis défensifs absolument innommables avant les deux Napolitains.
  • Le projet de jeu se résume en fait à trouver Neymar en mode Lebron James au milieu. Dix secondes sur l’horloge, cinq mecs en face, et démerde-toi pour nous sortir de la mouise. Note que le Brésilien s’en tire plutôt bien.. Contre Naples, il a réussi à donner trois bonbons à Kylian ou Edi après avoir fait le tour du périph’, et il était encore dans le coup sur la praluche de Di Maria à la 93e

En substance, le manque de moelle collective de cette équipe et les réflexes défensifs inexistants de certaines individualités deviennent difficilement soutenables à l’œil nu, ce que Verratti reconnaît sans mal, même s’il refuse de charger un Mbappé pas loin de se ficher du monde dans son investissement sans le ballon : « Quand on parle de la défense, ça concerne les onze joueurs. En première mi-temps, On n’était pas bien placés, c’était très dur de faire le pressing parce qu’on était en infériorité numérique, il y avait toujours un joueur de libre à Naples ».

Le calendrier de L1 en planche de salut ?

On en revient à la fameuse structure. En conf’, quand on lui a posé la question, Tuchel n’a rien trouvé à redire à l’attitude générale, félicitant même ses joueurs d’avoir su réagir pour chercher par deux fois l’égalisation. C’est vrai, cette équipe a du caractère. Mais il y a comme de la fatalité dans l’air, avec les mêmes relations cause-conséquence : un directeur sportif infoutu de trouver un numéro 6 de garantie au mercato​, et une Ligue 1 trop faible pour pousser les Parisiens hors de leur zone de confort. Sur ce plan les prochains jours dessinent une montée en puissance bienvenue avant de retrouver Naples. L’OM au Vélodrome, puis la meilleure équipe de l’autre championnat, Lille. En espérant juste que ça ne se règle pas sur un gris-gris de Neymar ou deux déboulés de Mbappé pour cacher la misère.