PSG-Naples: Et sinon, ce serait une si mauvaise nouvelle que ça, la Ligue Europa?

FOOTBALL Toujours troisième de son groupe, Paris ne doit pas écarter la possibilité d’une non-qualification en 8e de finale…

Julien Laloye

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Cavani réclame un penalty contre Naples, le 24 octobre 2018 au Parc.
Cavani réclame un penalty contre Naples, le 24 octobre 2018 au Parc. — Francois Mori/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Angelito nous a rendu un fier service avec cette histoire de bombe H en lucarne sur la dernière attaque. C’est qu’on n’était pas du tout prêt à mater en loucedé les compositions des poules de Ligue Europa pour voir s’il y avait moyen de moyenner en cas de catastrophe écologique. La catastrophe dont on parle ? Une élimination en phase de poule de Ligue des champions​ pour la première fois depuis l’arrivée des Qataris à Paris, et le reversement automatique dans la Coupe d’Europe du bas peuple, parce que bon faut pas pousser quand même, l’Etoile Rouge, c’est nul à pleurer.

Avant le but de Di Maria, donc, c’était presque réglé. Il aurait fallu prendre une revanche au retour et se défaire de Liverpool ensuite pour réécouter la musique de la C1 au printemps. Avec ce nul, la situation est moins désespérée. Quatre points sur six contre les deux autres cadors du groupe en plus d’une victoire en Serbie, et ça devrait le faire. Il n’empêche quatre points sur six, c’est un objectif très ambitieux au regard de la dynamique collective des uns et des autres. Mangé à Liverpool en dépit d’un score serré, baladé par Naples une bonne partie du match au Parc, le PSG nous fait douter. Pire que tout, il semble douter lui-même.

>> Marquinhos, qu’on a chopé en coup de vent

« Il nous reste trois matchs à jouer, ce sont trois finales. Bien sûr qu’on est dans une position plus difficile que d’habitude, mais il faut continuer à être ambitieux ».

>> Marco Verrati, qui ne s’est pas dérobé

« C’est le groupe le plus difficile qu’on a eu. Maintenant, il faut gagner à Naples, après on reçoit Liverpool, je pense qu’on a encore les moyens de se qualifier, d’autant plus que ce but à la fin nous a un peu sauvés. Il nous laisse espérer pour le match à Naples. On a six matchs en tout, il ne faut en rater aucun pour se qualifier. Je pense que tout va se décider à la prochaine journée, mais c’est compliqué ».

Thomas Tuchel, qui nous a vu venir

« J’ai beaucoup de respect pour ce groupe. Je savais que ça allait être super compliqué [de se qualifier]. Nous ne sommes pas les favoris, tout le monde veut croire ça, mais c’est ainsi. C’est super compliqué ce groupe, et on ne peut pas être surpris. Ce match contre Naples dure 180 minutes et là c’est la mi-temps. On peut encore gagner ce duel »

L’idée de rater la marche est donc envisagée au grand jour par les acteurs eux-mêmes, première nouvelle. Il y a encore de la marge, évidemment, mais quitte à prendre la marée dans les commentaires, est-ce que pareil cas de figure constituerait vraiment un scandale ? Dans le temps court, le PSG, en dehors des talents individuels qui composent son attaque, nous a semblé un ton en dessous de Liverpool et de Naples dans ses ressorts collectifs jusqu’ici. Dans le temps long, Paris ne fait que régresser dans la compétition. D’abord on caresse l’espoir du dernier carré, ensuite on bute en quarts sans discuter, avant de partir en vacances dès les huitièmes.

Pourquoi ne pas faire comme l’Atletico ?

C’est le moment d’être fous : et s’il fallait voir la possibilité de la Ligue Europa comme une bonne nouvelle ? Bien sûr, il faudrait surmonter les ricanements de l’Europe entière. Ces derniers ont d’ailleurs commencé dès la conf de Tuchel, au cours d’un échange comique entre l’Allemand et un journaliste italien, qui en gros était en train de lui expliquer que c’était une honte qu’une équipe ayant investi « 800 millions » sur le marché des transferts se fasse apprendre la vie par Naples. Le gars était à deux doigts de dire 800 milliards pour ce que ça changeait, et on s’est surpris à penser que ça faisait toujours moins que ce que Rome a payé à la Camorra pour enterrer des tonnes de déchet dans la campagne napolitaine, mais là n’est pas le sujet. Bref, il faudrait supporter les moqueries des supporters de l’OM, l’humiliation passagère, le tirage au sort de décembre sans la boule noire avec l’étiquette PSG à l’intérieur.

Mais en dehors de ça franchement, qui ne serait pas curieux de voir si Paris sera capable d’éviter les deux trois obstacles (Arsenal, Chelsea, une grosse équipe reversée de C1) sur la route d’un possible titre européen ? La Ligue Europa arrive même aux meilleurs, et l’Atletico, une référence bien plus avancée en Ligue des champions, a dû en passer par là la saison passée, avec le succès que l’on sait. Franchement, ni le PSG, ni le foot français n’ont le palmarès pour dédaigner l’idée de gagner une Ligue Europa. Entre une claque en 8e dans la veine de celle du Real en mars, ou un joli parcours de consolation avec un triomphe en finale contre l’Arsenal d’Unai Emery, le choix est vite fait, de notre côté. Et du vôtre ?