France-Allemagne: «Ça tourne grâce à notre mental et notre talent», les Bleus racontent comment ils se sont réveillés

FOOTBALL Entre périodes, deux ambiances sur la pelouse du Stade de France...

Au Stade de France, Nicolas Camus

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Les bleus fêtent le deuxième but de Griezmann contre l'Allemagne, le 16 octobre 2018 au Stade de France.
Les bleus fêtent le deuxième but de Griezmann contre l'Allemagne, le 16 octobre 2018 au Stade de France. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

On s’en doutait, un peu, et surtout on l’espérait très fort. Après avoir souffert comme jamais ces derniers mois lors de la première période, l’équipe de France​ a su renverser le match après la pause pour venir à bout de l’Allemagne (2-1). Elle l’a emporté grâce à un penalty litigieux, certes, mais ça n’enlève rien à ce qu’a été la deuxième partie de la rencontre, où les Bleus ont joué en bloc, vers l’avant, étouffant leurs adversaires comme aux plus belles heures.

Le retournement, impulsé par DD la gagne, s’est effectué en trois temps. Voyant son équipe prendre la marée, le sélectionneur a décidé à la 35e minute de repasser en 4-3-3. Kanté en sentinelle, Matuidi à la hauteur de Pogba pour densifier le milieu et aider les latéraux à défendre, Mbappé plus proche de Giroud et Griezmann… les ajustements engendrés ont changé la face du match. N’est-ce pas DD ? « Ce serait facile pour moi de vous dire ça, j’aurais l’impression de me la raconter un peu, répond le sélectionneur avec le sourire de celui qui sait très bien qu’il a réussi son coup. J’ai pris cette décision parce qu’on n’avait pas un bloc suffisamment compact et pour garder une plus grande liberté sur nos joueurs offensifs, Kylian et Antoine. »

« Le coach a été bon, confirme le lieutenant Matuidi. Ça a vraiment donné une meilleure deuxième mi-temps, avec du jeu. » Mbappé, qui n’avait pas très envie de défendre, n’avait officiellement plus à s’en soucier et a épuisé les lourds défenseurs allemands par ses courses. De l’autre côté, Griezmann s’est parfaitement adapté. Son intelligence de jeu, il faut le dire, est remarquable. Le Madrilène est utile partout. « Pas de souci, je suis au service de l’équipe, et de la République ! », a répondu l’intéressé en se marrant à une question sur son rôle de couteau suisse.

Plus sérieusement, il a ensuite raconté que les Bleus s’étaient « dit les choses à la mi-temps, tranquillement ». C’est là le deuxième temps de la reconquête. « Ça n’a pas crié non plus, mais le coach nous a dit que ça nous a dit que ça ronronnait », ajoute Giroud. Hernandez, qui avait montré le chemin avec un gros rush amenant la première vraie occasion, juste avant la pause, a achevé de réveiller tout le monde au retour des vestiaires.

Après un service pour Mbappé qui a failli faire but, c’est lui qui a centré pour permettre à Griezmann de marquer. « C’était carrément un tir ! C’est Lucas, quoi… », en rigole le buteur. « Il met beaucoup d’agressivité dans ses duels. A un moment, des actions, des attitudes d’un ou deux joueurs réveillent un peu tout le monde, apprécie Deschamps. Lui, il a ça en lui, au fond de lui. Il est comme ça, ce n’est pas le seul. Il y a des joueurs, qui par leur action, leur agressivité positive, poussent les autres dans le bon sens. »

« On a confiance en nous, on sait de quoi on est capable »

Là, la machine était lancée. « Je pense qu’il nous a fallu justement ce but-là pour nous lâcher complètement, estime Matuidi. Eux ont un peu sombré aussi à ce moment-là, c’est dû à la confiance. Ils sont un peu en manque de confiance en ce moment contrairement à nous. » Autrement dit, le mode champions du monde a été activé.

  • Cap’tain Hugo : « On a un statut de champion du monde, dans ces moments-là, ça donne de la force de caractère. Le scénario tourne pour nous grâce à notre mental et notre talent ».
  • Vice-Cap’tain Varane : « Le caractère, c’est un de nos points forts, c’est pas nouveau. On a réussi à gagner la Coupe du monde sur des valeurs mentales, avec bien sûr des qualités sur le terrain. On a réussi à remettre l’intensité qu’on voulait sur le terrain, et on sait que comme ça, on est une équipe très difficile à jouer. On a confiance en nous, on sait de quoi on est capable ».

Quant au penalty de Griezmann à l’entame des dix dernières minutes, lui permettant au passage d’entrer dans le top 10 des buteurs de l’équipe de France (26 pions, comme Wiltord), on le mettra sur le compte de la bonne étoile qui accompagne cette équipe. La VAR aurait sûrement annulé la décision de l’arbitre, si elle était en place en Ligue des nations. C'était là le dernier temps, et ça compte aussi. Les Bleus et leur sélectionneur sont bien placés pour le savoir.