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Boudewijn Zenden: «Le réalisme et la chance sont peut-être revenus»
EURO2008•Boudewijn Zenden, ancien international néerlandais, décrypte le jeu des Pays-Bas...Propos recueillis par S.Dominique
Boudewijn Zenden, ancien international néerlandais, décrypte le jeu des Pays-Bas.
Comment expliquez-vous que les Pays-Bas n’ont plus rien gagné depuis l’Euro 1988?
Lors des dix dernières années on a quand même disputé une demi-finale mondiale en 1998 et deux demi-finales européennes en 2000 et 2004. C’est déjà étonnant pour un pays qui ne compte que 17 millions d’habitants, il ne faut pas l’oublier. Maintenant c’est vrai que depuis le dernier succès en 1988, il y a une faim de victoire de la part du public batave. Il y a l’héritage des années Cruyff (deux finales de Coupe du Monde perdues en 1974 et 1978) puis des années Gullit-Van Basten-Rijkaard à porter. Du coup la sélection développe souvent du beau football pour plaire au public mais elle manque parfois de réalisme et d’un peu de chance dans les moments cruciaux. Ce qui lui coûte cher. En 1998 et en 2000, par exemple, on a échoué aux tirs au but face au Brésil et l’Italie.
Quel est votre sentiment sur ce Groupe C de l’Euro 2008 qui réunira l’Italie, les Pays-Bas, la Roumanie et la France?
C’est le groupe de la mort! L’Italie et la France sont les deux derniers finalistes du Mondial 2006, la Roumanie a fait un très bon parcours éliminatoire en terminant 1ère du groupe G devant les Pays Bas. Cela va être difficile pour les Hollandais. Maintenant comme personne n’attend cette équipe vu ses rivaux, elle aura moins de pression et du coup elle est peut-être capable de créer la surprise comme le Danemark l’avait fait en remportant le championnat d’Europe en 1992.
Depuis sa prise en main de la sélection en 2004 Marco Van Basten a souhaité fortement rajeunir l’équipe. Un atout ou un inconvénient pour cet Euro 2008?
Il y a deux ans encore cette jeunesse pouvait être considérée comme un point faible, expliquant parfois le manque de résultats. Aujourd’hui ce n’est plus une excuse, car la sélection a disputé plus de 40 matchs avec l’expérience du très haut niveau que cela engendre. De plus certains joueurs qui n’évoluaient alors qu’aux Pays-Bas se sont faits remarquer et ont intégré de grands clubs européens. A ce jour 80% de la sélection évolue à l’étranger, cela a contribué également à faire de ce effectif, un groupe expérimenté. On l’a vu lors des éliminatoires, la Hollande n’a pas rencontré de gros problèmes pour se qualifier. Elle a été au rendez-vous quand on l’attendait. C’est peut-être que le réalisme et le brin de chance, qui lui manquaient auparavant, sont revenus.
Comment décryptez-vous le jeu de l’équipe?
Il n’y a pas un système particulier. Van Basten adapte son jeu en fonction des joueurs valides et des adversaires. Maintenant il y a des joueurs comme Robin Van Persie ou Dick Kuyt que le sélectionneur fait parfois évoluer sur les côtés alors que dans leurs clubs ils jouent plutôt en soutien de l’attaquant pour l’un et en pointe pour l’autre. Je pense qu’il va devoir changer sa stratégie car on a vu durant les éliminatoires que ce dispositif n’a pas toujours fonctionné (défaites notamment en Roumanie 1-0 et plus surprenant en Biélorussie 2-1).
Quel est votre favori pour la compétition?
Avec ses joueurs qui évoluent à un très haut niveau, la France c’est très costaud. Il ne faut pas non plus oublier l’Allemagne qui sera au rendez-vous.


















