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Le Tour de France seul contre tous

Le Tour de France seul contre tous

CYCLISME – ASO se passe de l’UCI pour organiser le Tour…
M.Go.

M.Go.

Le divorce est un peu plus consommé entre le Tour de France et l’Union cycliste internationale (UCI). Comme pour le dernier Paris-Nice, Amaury sport organisation, a décidé de placer son épreuve reine, le Tour, sous l’égide de la Fédération française de cyclisme (FFC) et non sous celle de la Fédération Internationale, l’UCI. Un camouflet de plus pour la fédération internationale.


Principal changement de ce cavalier seul, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) sera habilitée par la FFC et non par l’UCI à contrôler les coureurs sur l’épreuve mais aussi en amont. Christian Prudhomme, directeur du Tour, Jean Pitallier, président de la Fédération française de cyclisme (FFC), Pierre Bordry, directeur de l’Agence française de lutte contre le dopage, et Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux Sports, l’ont annoncé mardi matin lors d'une conférence de presse.


Cette décision n’a rien d’étonnant. Cela fait quelques années que le torchon brûle entre ASO et l’UCI, notamment au sujet du Pro Tour, la fédé internationale voulant choisir une liste de 20 équipes pro sur une saison et les imposer aux organisateurs des grands tours. ASO a toujours voulu rester libre du choix des équipes qu’elle invite. Avec cette décision, ASO affirme encore un peu plus sa liberté par rapport à l’UCI.


Qu’est-ce que ça change concrètement? Pas grand-chose pour les coureurs puisque les années précédentes, l’UCI confiait les contrôles à l’AFLD pendant la durée de l’épreuve. Cette année, l’Agence française de lutte contre le dopage sera diligentée par la FFC et non l’UCI pour tester les coureurs du Tour. Le directeur de l’AFLD, Pierre Bordry, a affirmé que des examens ciblés auront lieu également pendant les entraînements sur les coureurs français et étrangers puisque l’AFLD est reconnue mondialement.


Pour faciliter le travail de l’agence et par peur de voir se rééditer l’affaire Rasmussen, ASO a décidé que les 20 équipes engagées sur le Tour devaient fournir dès la fin du mois de mars leurs lieux d’entraînement. En cas de triche et de contrôle positif, les sanctions seront prises par la FFC pour les Français et par l’AFLD pour les étrangers, à charge pour l’UCI de relayer cette sanction. La fédération internationale le fera-t-elle? «J’ai toujours eu d’excellents rapports avec l’UCI, ils ont toujours appliqué les sanctions que l’AFLD avait prise, il n’y a pas de raison que cela change», a affirmé le directeur de l’Agence. Le rapport de force entre l’UCI et ASO est en tout cas loin de se calmer.


Le cas Astana?Contador, le dernier vainqueur du Tour, vient de remporter le Tour d’Italie avec l’équipe Astana qui n’est pas invitée sur le Tour. «Nous n’avons rien contre Contador mais Astana ne sera pas sur le Tour cette année. Si nous n’avons pas d'affaires à déplorer cette année contrairement à 2006 et 2007, nous pourrons réfléchir à leur présence en 2009», a déclaré Christian Prudhomme. Astana ne sera pas invitée. Et ASO se réserve le droit de virer des équipes si les contrôles avant le Tour se révèlent positif. Ca promet de folles journées encore jusqu’à la fin juillet.