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La magie d’Hiddink
EURO – Les chances de la sélection russe…Romain Scotto
Toutes les sélections qu’il prend en main réussissent des miracles. Celui de la Russie a déjà eu lieu, lors des éliminatoires.
Au vu de leur parcours en éliminatoires, les joueurs de Gus Hiddink doivent encore se demander à quoi ils doivent leur qualification pour l’Euro. A un incroyable concours de circonstances certes, mais aussi au talent de leur sélectionneur néerlandais. Depuis vingt ans, le Gus n’a rien gagné en dehors de son pays, mais toutes les équipes ou sélections qu’il a pris en main ont atteints leur objectif. Voire beaucoup plus.
En 2002, il transforme des Sud-coréens inexpérimentés en demi-finalistes de Coupe du Monde, avant de conduire, quatre ans plus tard, les Socceroos australiens en 8e de finale. Avec la Russie, Hiddink a pour l’heure rempli une partie de son contrat en extirpant sa nouvelle sélection d’un groupe de qualification très relevé, avec la Croatie et l’Angleterre.
Mais avec une rémunération de Tsar (officiellement 2,2 millions d’euros par an), sa fédération attend un peu plus de lui.
L’ombre d’Abramovitch
Et elle n’est pas la seule. A la veille d’un match décisif pour la qualification en Israël, Roman Abramovitch, le président multimilliardaire de Chelsea, lui offre une rallonge d’1,5 millions s’il conduit la sélection russe à l’Euro. Idem pour les joueurs, dont la motivation est boostée par la promesse d’un chèque de 150.000 euros, en cas de qualification.
Il s’en est pourtant fallut d’un rien. A deux journées de la fin, les hommes d’Hiddink ont encore leur destin entre leurs pieds. S’ils s’imposent en Israël, ils assurent leur présence à l’Euro et éliminent l’Angleterre. Pour Hiddink «après tout ce que ses joueurs ont fait, il est impossible qu’ils perdent ce match». Sauf que… Hors du coup, ils s’inclinent 2-1 et remettent en jeu Lampard et ses amis.
Quatre jours plus tard, nouveau coup du sort. A Wembley, la Croatie déjà qualifiée fait plier l’Angleterre 3-2 et valide indirectement le billet des Russes pour la Suisse et l’Autriche. A eux désormais de montrer qu’ils méritent leur place à l’Euro. Pour peut-être redorer le blason d’une équipe qui n’a plus rien gagné depuis quarante-huit ans.
Le scénario rêvé: après une défaite face à l’Espagne et un nul face à la Grèce, Roman Abramovitch sort un nouveau cadeau de sa poche. Les joueurs y puisent un surplus de motivation qui les porte jusqu’en finale où ils s’imposent en prolongation face à l’Allemagne.
Le scénario cauchemar: habitués à évoluer sur des pelouses gelées ou synthétiques, les Russes éprouvent les pires difficultés à altérer le jeu de leurs adversaires sur les billards austro-suisses. Bilan de la phase de groupe : trois matches, trois défaites. Dans les tribunes, Roman Abramovitch est dépité. Il ne déboursera rien pour eux.


















