Comment lutter contre le marché noir?
ROLAND-GARROS – Alors que des billets vendus à la sauvette se négocient jusqu’à trois fois plus cher que leur valeur, comment la FFT réagit-elle?Sandrine Cochard
Tout spectateur venant à Roland-Garros est interpellé trois à quatre fois en moyenne par des revendeurs de billets. Un marché noir bien huilé où les places pour accéder au court central se négocient jusqu’à 300 euros. Soit plus du triple du tarif en vigueur.
«Le billet le plus cher que nous vendons est une place en catégorie rouge pour la finale messieurs, sur le central, à 77 euros», précise Frédéric Longuépée, directeur délégué de la billetterie à la fédération française de tennis (FFT). En plus de payer très cher, l’acheteur d’un billet revendu s’expose au risque de se voir refuser l’entrée au stade, selon le site du tournoi, qui rappelle que la revente est interdite.
>> Voir la grille des tarifs officiels 2008, ici
Huit places maxi par spectateur
Des annexes au central, il n’y a qu’un pas, assurent les revendeurs. «Pour les annexes, c’est 70 euros, mais je te le fais à 50, explique l’un d’entre eux, non loin de la porte Marcel Bernard, alors que le vrai tarif est de 14 euros. Après, tu rentres sur le central, il suffit de demander à un spectateur qui part de te donner son billet et sa contremarque!»
«C’est effectivement possible, mais c’est une pratique très marginale, souligne Frédéric Longuépée. Nous avons conscience de ce phénomène, qui n’est pas nouveau, mais nous avons mis en place une série de mesures pour lutter contre.» Premièrement, en limitant le nombre de billets à l’achat. «Un particulier peut obtenir jusqu’à quatre places par jour, sur un maximum de deux jours», indique Frédéric Longuépée. Soit un maximum de huit billets.
Billets électroniques
Deuxièmement, en permettant aux spectateurs d’acquérir des billets du jour, dès 17h, pour assister aux matchs en fin de journée, via l’opération «Les visiteurs du soir», lancée en 2004. Les places sont vendues à partir de 10 euros, en fonction du nombre de personnes ayant définitivement quitté le stade. L'opération, mise en place durant toute la première semaine de compétition, a attiré cette année 7.169 personnes, contre 6.056 l’an dernier.
Enfin, en dématérialisant le billet papier pour lui préférer sa version électronique. «En plus du code-barres reçu par mail, le spectateur doit présenter sa pièce d’identité pour retirer sa place, souligne Frédéric Longuépée. Nous avons vendu 25.000 e-billets l’année dernière, date de son lancement, et environ 35.000 cette année. Sur le même principe, nous envisageons la dématérialisation du billet sur téléphone mobile, pour les éditions 2009 ou 2010. Mais il nous faut d’abord trouver le moyen d’éviter que les codes-barres ne se transmettent de téléphone en téléphone!»


















