VIDEO. Chamonix: «Ça crame bien les poumons et les jambes»… Bienvenue sur le kilomètre vertical du Mont-Blanc

COURSE EXTREME 662 coureurs vont s’élancer de Chamonix ce vendredi (à partir de 16 heures) pour 3,8 km de course… avec un redoutable dénivelé positif de 1.000 mètres…

Jérémy Laugier

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Le vertigineux point de vue des coureurs, depuis l'arrivée du kilomètre vertical au-dessus de Chamonix.
Le vertigineux point de vue des coureurs, depuis l'arrivée du kilomètre vertical au-dessus de Chamonix. — Fabian Bodet
  • Parmi les courses extrêmes dans le monde du trail, le kilomètre vertical du Mont-Blanc occupe une place particulière.
  • Avant le départ ce vendredi (16 heures) de cette foudroyante épreuve (1.000 m de dénivelé positif pour 3,8 km de course), « 20 Minutes » vous présente les dingos qui sont impatients de vivre cette expérience à Chamonix.

Sur le papier, participer à une course de 3,8 km n’a quand même pas grand-chose d’exaltant. Au vu de la distance, on pourrait presque penser qu’il s’agit du mini-cross du Mont-Blanc, réservé aux enfants. Sauf qu’il y a un « mais » de taille dans cette aventure lancée à partir de 16 heures ce vendredi à  Chamonix. Un « mais » d’exactement 1.000 m de dénivelé positif. C’est pourquoi ils ne seront « que » 662 courageux à affronter le redoutable kilomètre vertical proposé depuis 2011 par l’organisation du Marathon du Mont-Blanc.

Tous les amateurs de montagne connaissent la télécabine pour Planpraz, immanquable dès qu’on arrive à Chamonix. Mais de là à envisager se coltiner une course sur l’interminable chemin en lacets à ses pieds… « Ça peut sembler étrange de dire ça mais le parcours reste assez roulant, sourit l’organisateur de l’événement Fred Comte. Bon, après c’est sûr qu’on a quand même la sensation d’avoir un mur face à soi. »

« On fait un peu peur au grand public »

Comparativement, le réputé kilomètre vertical du Fully, en Suisse, se gravit sur une distance deux fois moindre. Quels profils va-t-on retrouver à Chamonix ce vendredi, là où Yoann Sert l’a emporté en 36'25'' l’an passé ? « On s’adresse surtout à de très bons trailers, alpinistes et fondeurs qui viennent s’étalonner, indique Fred Comte. Certains parmi eux parviennent à courir du début à la fin. Même si c’est selon moi une course sympa à faire entre copains, on fait un peu peur au grand public. »

Le final avec petite échelle et passage avec main courante, bien que présenté comme « plutôt ludique », n’y est peut-être pas pour rien. Il en fallait davantage pour dissuader le Lensois Sylvain Creis de se rendre en Haute-Savoie afin de participer pour la première fois au kilomètre vertical ce vendredi puis au 10 km samedi, faute d’avoir été tiré au sort sur le 23 et le 42 km archi-complets.

« Je trouve toujours du fun dans la difficulté »

« Je n’ai pas vraiment l’habitude de voir des pentes à 50 % dans le Nord-Pas-de-Calais, précise le trailer de 39 ans. Mais il faut savoir dépasser ses limites et je trouve toujours du fun dans la difficulté. » Le tout avec une appréciable philosophie « Courir, souffrir, sourire » en bandoulière. Il n’y aura pas que des anonymes sur la ligne de départ puisque l’ancien biathlète Vincent Defrasne sera notamment de la partie.

« Tout jeune, j’étais déjà entraîné à courir sur des terrains très raides pour bosser la résistance à la douleur, le cardio et la tonicité des jambes », explique le champion olympique de poursuite à Turin en 2006. S’il va lui aussi découvrir l’épreuve de Chamonix ce vendredi, le Doubiste de 41 ans est passé sous la barre des 40 minutes à Fully et reconnaît « ne pas avoir assez de patience pour participer à de longs trails ».

Kilian Jornet de retour, trois mois après une fracture du péroné

« Finalement, le grand public se sent plus de se surpasser sur de longues distances et on retrouve plutôt des spécialistes très préparés sur ces rendez-vous de kilomètre vertical. L’effort est très très aigu et semble effrayer les gens. C’est sûr que ça crame bien les poumons et les jambes. » Après tout, un certain Kilian Jornet l’a emporté à deux reprises (2012 et 2014), ce qui en dit long sur le niveau de l’épreuve à Chamonix.

« Avant, il doublait avec le 42 km mais il y a une telle adversité sur le marathon que Kilian préfère désormais garder du jus », explique Fred Comte. Car l’événement du week-end dans le Mont-Blanc sera aussi le retour à la compétition de Kilian Jornet, qui défendra son titre dimanche (départ à 7 heures), trois mois après sa fracture du péroné lors de la Pierra Menta.