VIDEO. Montpellier: «On aurait pu rester à se plaindre. On en serait mort aujourd'hui», estime le président du MHB

HANDBALL Le MHB a remporté sa seconde Ligue des champions dimanche à Cologne. Son président, Rémy Lévy, revient sur les années de reconstruction du club et les perspectives d’avenir…

Jérôme Diesnis
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Montpellier a décroché sa deuxième Ligue des champions quinze ans après.
Montpellier a décroché sa deuxième Ligue des champions quinze ans après. — Patrik STOLLARZ / AFP
  • Le MHB a remporté dimanche sa seconde Ligue des champions, quinze ans après le premier titre, « avec un collectif qui a une âme », évoque son président Rémy Lévy.
  • « On a connu des difficultés, mais on ne s’est jamais réfugié là-dedans. On aurait pu rester à se plaindre, on en serait vraiment mort », estime Rémy Lévy au sujet de l’affaire des paris de ses joueurs vedettes, qui avait mis le club au bord du gouffre six ans plus tôt.
  • « Le club gagnant [la Ligue des Champions] touche de l’EHF 500.000 euros que l’on va reverser dans les primes, les frais et l’organisation. On ne fera pas de plus-values avec. »

Vainqueur du Final 4 de la Ligue des champions dimanche, Montpellier a remporté pour la seconde fois la plus belle des compétitions européennes. Son président Rémy Lévy revient sur les années difficiles du MHB et évoque les perspectives qui s’ouvrent à lui.

Rémy Lévy, le président du MHB.
Rémy Lévy, le président du MHB. - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Quinze ans après, Montpellier gagne une seconde fois la Ligue des champions. Que ressentez-vous ?

On ne réalise pas encore totalement. On est encore sur un nuage. Ce sont quinze années sans titre européen, mais nous avons participé sans interruption à cette épreuve, avec des huitièmes ou des quarts de finale. Le MHB montre une permanence au plus haut niveau. Le club est consolidé, la moyenne d’âge est de 24 ans. Je suis persuadé que d’autres titres vont suivre bientôt.



Il y a six ans, le MHB était au bord du gouffre après l’affaire des paris que vous avez subi de plein fouet. A cette époque, il était inimaginable d’envisager remporter ce trophée…

Il y a dix ans, on était parti sur un projet avec un recrutement important pour gagner la Ligue des champions. On n’y a pas réussi. On y parvient aujourd’hui avec un collectif qui a une âme. On a connu des difficultés, mais on ne s’est jamais réfugié là-dedans. On aurait pu rester à se plaindre, on en serait vraiment mort. Ce club a des bases et des racines solides. Notre responsabilité est de l’accompagner. Des gens se sont battus pendant plus de trente ans pour le mener à ce niveau. Ce qui compte c’est qu’il y soit encore dans dix ou 20 ans.

Rémy Lévy, président du MAHB, lors du procès des paris suspects au tribunal correctionnel de Montpellier, le 22 juin 2015
Rémy Lévy, président du MAHB, lors du procès des paris suspects au tribunal correctionnel de Montpellier, le 22 juin 2015 - Maxele Presse

Trois clubs français sur le podium de la Ligue des champions, c’est exceptionnel. Comment l’expliquez-vous ?

L’équipe nationale surfait déjà sur une suprématie mondiale depuis longtemps. L’histoire de la Ligue nationale de handball est récente, la professionnalisation du handball en France date de moins d’une quinzaine d’années. Il fallait passer par une phase de structuration. Des clubs comme Montpellier, Nantes, Saint-Raphaël et Dunkerque sont très actifs. L’arrivée des investisseurs à Paris et les possibilités pour les clubs de faire venir les meilleurs Français et étrangers sont des atouts considérables pour la montée en puissance de la Lidl Starligue. Mais restons modeste, il faut voir la compétition sur plusieurs années.



Outre le palmarès, que va vous apporter ce titre ?

Une notoriété, de nouveaux partenaires, une dynamique nouvelle. On en mesurera les retombées dans les mois à venir. Ce qui compte, c’est que le club se soit bien relancé à travers cette compétition européenne. Après la défaite à Saint-Raphaël, on avait la tête basse mercredi, on avait pris un gros coup sur la nuque. On gagne le championnat de France à travers la Ligue des champions. Tout va très vite dans la vie et surtout dans le sport.

Rémy Lévy, à l'aéroport de Montpellier, au lendemain de la victoire du Montpellier handball (MHB) en Ligue des champions.
Rémy Lévy, à l'aéroport de Montpellier, au lendemain de la victoire du Montpellier handball (MHB) en Ligue des champions. - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Financièrement, que vous reverse l’EHF ?

Le club gagnant touche 500.000 euros qui vont être reversés dans les primes, les frais et l’organisation. On ne fera pas de plus-values avec, mais on sera confortable pour récompenser les acteurs de cette victoire à la hauteur de leur investissement.

Cela peut-il débloquer le dossier de la Sud de France Arena où le MHB aimerait devenir le club résident ?

On est sur une dynamique constante du financement de la métropole depuis de nombreuses années. Ce qu’avait fait Georges Frêche a été poursuivi par Philippe Saurel. La Sud de France Arena était un dossier qui nous échappait. On ne souhaite qu’une chose : y jouer le plus souvent possible et la remplir. Mais les signaux sont positifs. On pourra bientôt annoncer de bonnes nouvelles sur la totalité de notre activité dans des salles à Montpellier.