Montpellier: Der Zakarian, sous le volcan, les valeurs d'un type qui «se fout du regard des autres»

FOOTBALL L'entraîneur du MHSC a façonné une équipe à son image : travailleuse, accrocheuse, disciplinée. Et tant pis si l'image renvoyée ne plait pas aux consultants vedettes...

Jérôme Diesnis

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Der Zakarian sur la pelouse de la Mosson, à Montpellier
Der Zakarian sur la pelouse de la Mosson, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Les Héraultais, en déplacement à Lille samedi, sont aujourd’hui de sérieux candidats à l’Europe.
  • « Il incarne parfaitement La Paillade, un club formateur, à l’ancienne, familial, avec de profondes valeurs », relate un ancien coéquipier.
  • Il souhaite finir devant son ancien club, le FC Nantes, en s’appuyant sur une solide base défensive.

«Si j’ai un regret, c’est Der Zak, je l’ai raté». Cette confidence, Louis Nicollin l’avait faite à 20 Minutes il y a quelques années au mas Saint-Gabriel. L’histoire restera en suspens. Celle du président, décédé le jour de ses 74 ans, et du coach qu’il avait fait revenir après l’avoir côtoyé durant 16 ans au MHSC comme joueur, puis formateur. Mais Michel Der Zakarian en est persuadé, il n’est pas loin : « Il nous suit, nous porte chance ». Les Héraultais, en déplacement à Lille samedi, sont aujourd’hui de sérieux candidats à la qualification européenne, déjouant tous les pronostics du début de saison.

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Elle lui aurait plu, cette équipe, à Loulou. Solide, parfois besogneuse, accrocheuse, disciplinée. Fidèle à l’image de son entraîneur. « Il incarne parfaitement La Paillade, un club formateur, à l’ancienne, familial, avec de profondes valeurs. Michel, il n’a jamais joué pour sa gueule. C’est un super mec et un grand joueur de club qui aurait mérité l’équipe de France », soutient son partenaire de la fin des années 80, son ami d’aujourd’hui Patrick Cubaynes, qui n’a rien oublié des séances où « on se filait. Il s’entraînait comme il jouait. A fond. »

Loulou, Coco et les autres

Cet état d’esprit qu’il exige de ses joueurs, il l’a chevillé au corps. Der Zak dégoupille régulièrement devant le banc où il ne s’assoit jamais, quand le choix des arbitres ou de ses joueurs le met en pétard… Où le premier objet à portée de pieds à une durée de vie limitée. Quitte parfois à y laisser un os… « Il est explosif. Un peu trop, mais je préfère ça à des entraîneurs introvertis, sourit Gérard Bernardet avec lequel il partagea le rôle d’adjoint de Michel Mézy. Mais en dehors, il est très calme, très posé ».

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Der Zak, serait donc Dr Jekyll et Mr Hyde ? « Pas du tout, c’est le même. Un mec droit en toutes circonstances », reprend Patrick Cubaynes. L’image est très réductrice. Pour pondérer ce côté volcanique, le natif d’Erevan a trouvé le repos de l’âme dans le golf. « Ça lui apporte de l’équilibre. Ça l’apaise », évoque Gérard Bernardet.

Le reste, les critiques sur l’équipe taxée d’être trop défensive ? « Je n’en ai rien à foutre, coupe-t-il. Surtout quand ça vient de personnes qui ne comprennent rien au foot. Savoir bien défendre, c’est une qualité. Les grandes équipes savent aussi bien défendre, sauf qu’on ne le dit jamais. On n’insiste jamais sur cet aspect-là ».

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Le mépris de Waldemar Kita, son ancien président à Nantes, passent par-dessus l’épaule et le reste du coach le mieux sapé de L1. Mais son président Laurent Nicollin, lui, a toujours en tête cette phrase assassine, quand le président des Canaris avait comparé Der Zak à une 2CV et Claudio Ranieri à une Mercedes. « Je serais très heureux que la 2 CV rattrape la Mercedes. C’est mon challenge ».

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L’ex-coach de Nantes, Clermont et Reims se dit marqué par ses entraîneurs successifs : « Chacun d’entre eux m’a apporté ses qualités humaines et footballistiques. Après la sauce c’est la mienne », souligne-t-il. Par un coach en particulier : « Coco Suaudeau. Il m’a formé et nous sommes passés avec les pros ensemble. A Nantes, il nous a appris le beau jeu. Mais quand on n’avait pas le ballon, il nous apprenait à amener l’adversaire où on voulait. » Les bases étaient visiblement solides…