FC Nantes: «C'est un gâchis, mais je n'ai aucune amertume...», reconnaît Wilfried Moimbé

INTERVIEW Pour «20 Minutes», le défenseur, qui vient d'être prêté dans le club de 3e division anglaise d'Oldham, évoque ses deux ans et demi passés au FCN...

David Phelippeau

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Moimbé face au Lillois Corchia en avril 2016.
Moimbé face au Lillois Corchia en avril 2016. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
  • Wilfried Moimbé, 29 ans, a été prêté vendredi au club de 3e division anglaise d'Oldham.
  • Le défenseur nantais garde un goût d'inachevé de son expérience à Nantes (2015-2018).

Tout s’est accéléré vendredi pour Wilfried Moimbé. Le défenseur nantais, qui n’a évolué aucune minute avec le groupe pro cette saison, a trouvé un accord pour un prêt de six mois (jusqu’en fin de saison) avec le club d’Oldham, en position de relégable en League One à ce jour, soit la 3e division anglaise. Cet engagement signifie la fin de l’aventure de l’ancien Brestois à Nantes. Ce dimanche midi, avant de se reposer après presque trois jours passés dans les transports en commun et les hôtels, Moimbé a accordé un entretien à 20 Minutes pour expliquer son choix de quitter le FCN.

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Expliquez-nous pourquoi vous avez accepté ce prêt en 3e division anglaise ?

Ça ne s’est pas fait aussi rapidement que ça. Cela faisait une semaine et demie que le propriétaire d’Oldham essayait de joindre le FCN et moi-même. J’étais ouvert à toutes propositions car je déteste dire non, je suis comme ça. J’ai senti que le propriétaire du club [Abdallah Lemsagam] et l’entraîneur me voulaient vraiment. Un jour, je n’avais plus de batterie tellement ils m’ont appelé (rires).

C’est un choix qui peut paraître bizarre de rallier la 3e division anglaise ?

Je peux comprendre que les gens se posent des questions. C’est même légitime qu’on dise que c’est une régression. Mais, je sors de six mois sans jouer… Par ailleurs, je me suis renseigné sur le club. J’ai appelé des amis qui jouent en Angleterre. J’ai beaucoup réfléchi avec mon entourage. Et je me suis dit : "Pourquoi pas ! ?" À 29 ans, c’est une bonne expérience. Il reste 16 matchs à jouer. C’est une belle opportunité pour moi de me montrer et peut-être de m’ouvrir une porte sur le marché anglais. Enfin, on ne va pas se mentir, je ne joue pas que pour l’argent, mais je m’y retrouve aussi très bien financièrement là-bas. En France, il aurait sans doute fallu que je baisse mon salaire si j’avais signé ailleurs… Je pense à mes enfants et à mes petits enfants.

Comment avez-vous vécu ces six mois sans jouer une seule minute en pro ?

Compliqué. Mais, j’ai de la chance d’avoir une femme, quatre enfants, une famille proche toujours à mes côtés. On s’est serré les coudes. Et puis, je suis croyant. Le plus important à mon sens, c’est la santé de la famille. Je ne me suis jamais plaint car il y a beaucoup de gens bien plus à plaindre que moi. J’ai un boulot, d’autres n’en ont pas.

Claudio Ranieri vous a-t-il expliqué pourquoi il ne comptait pas sur vous ?

Oui, en tout début de saison, lors d’un entretien, il m’a dit que par rapport à son style de jeu, il me trouvait trop offensif pour jouer au poste de latéral gauche. Ça ne le gênait pas que je reste. Il a été très pro, très correct et très honnête. Je me suis toujours donné à l’entraînement, mais ça n’a jamais retenu son attention. Je n’ai jamais pensé que la porte pouvait s’ouvrir pour moi. Je n’ai jamais râlé car ça sert à quoi ? J’ai toujours considéré que le plus important ce sont les actes.

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Vous avez été titulaire 16 fois seulement en deux ans et demi à Nantes. Comment jugez-vous votre expérience nantaise de juin 2015 à janvier 2018 ?

C’est un gâchis. Si j’avais été moins blessé et toujours à 200 % et même si je ne suis pas Roberto Carlos, j’aurais pu faire beaucoup mieux. La première saison [avec Der Zakarian], j’ai eu une blessure à une cuisse qui s’est poursuivie un long moment. Avec l’excitation de la L1, j’ai parfois voulu reprendre trop vite.

Vous n’en voulez à personne ?

Ah, non, je ne suis pas comme ça. Je déteste remettre la faute sur quelqu’un. Je n’ai aucune amertume. J’ai néanmoins le regret de ne pas avoir eu plus d’émotions en jouant plus ici. Qui plus est avec ce public incroyable. À mon sens, il y en a peu en France des comme ça. Au passage, je remercie tout le club, Franck et Waldemar Kita. Et surtout, je souhaite au FCN d’accrocher l’Europe en fin de saison. Ça serait tellement beau pour la ville.

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