L1: Pelouses dégueux, nuls à deux points et Javier Tebas... On fait comment pour freiner Paris et sauver le suspense ?

FOOTBALL Au rythme où vont les choses, le PSG retrouvera l’Hexagoal dès le 25 décembre, sous le sapin…

William Pereira

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Encore une création de 20 Minutes pictures
Encore une création de 20 Minutes pictures — SIPA (montage WP)
  • Le PSG a battu Monaco dimanche soir à l'issue du choc majeur de Ligue 1
  • Paris compte désormais neuf points d'avance sur son dauphin, l'OL
  • Fin novembre, le suspense est quasi-foutu

La fin du mois de novembre approche à grands pas, il fait gris, il fait froid, et la Ligue 1 est déjà finie. Certains comme Thiago Silva diront qu’il est trop tôt (« on n’a encore rien gagné »), invoqueront la joyeuse incertitude du sport, que le PSG ne jouera pas comme ça toute la saison et bla, bla, bla… Le fait est que dimanche, les troupes d’Unai Emery ont déposé Monaco sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute du suspense en Ligue 1. Un trait danger, deux traits sécurité, trois traits, on voit même plus la concurrence dans le rétro.

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Alors qu’est-ce qu’on fait ? On attend que ça se passe et on se dit à la saison prochaine ? Non. A 20 Minutes, on est du genre à agir (le cul vissé dans un fauteuil). Et on a des idées pour sauver le suspense du championnat. Parce que tout ne peut pas être fini à 24 journées de la fin.

  • On prie pour que Nasser refasse avec Emery le même coup qu’avec Kombouaré

On rigole, on rigole, mais n’oublions pas qu’un départ d’Unai Emery à l’intersaison était encore une éventualité il y a un mois selon des rumeurs de l’époque, sous prétexte que le Basque n’avait pas les épaules assez larges pour gérer un tel effectif. Pour peu qu’une nouvelle polémique pointe le bout de son nez au Camp des Loges, que Neymar fasse un caprice ou que Carlo Ancelotti manque à Nasser, on pourrait bien se retrouver avec un changement d’entraîneur à l’intersaison en dépit du titre honorifique de champion d’automne. Et la dernière fois que le PSG a fait ça, tout ne s’était pas bien passé.

  • On fait comme en FSGT : 1 point la défaite et 2 le match nul

Avec effet immédiat et rétroactivité incluse. Si l’on comptait comme dans nos championnats de footeux du dimanche, l’écart entre le leader et ses poursuivants serait bien moindre en comparaison des neuf points actuels. Le PSG compterait certes deux points de plus par rapport à son total réel, mais Lyon en totaliserait six de plus, Monaco cinq et l’OM six également. Ce qui nous donnerait, en gros :

>> Paris, 1er avec 40 points

>> Lyon, 2e avec 35 points

>> Monaco, 3e avec 34 points

>> Marseille, 4e avec 34 points

Et là, les amis, c’est une tout autre paire de manches. Le PSG aurait besoin de deux fois plus de temps pour compter neuf longueurs d’avance sur son premier poursuivant. De quoi faire vivre notre chère Ligue 1 jusqu’à la 28e-30e journée, c’est-à-dire jusqu’au mois de mars.

  • On retire un demi-point au PSG pour chaque fumigène craqué au Parc des Princes

Loin de nous l’envie d’accabler les ultras, que l’on salue chaleureusement au passage, mais comprenez que l’intérêt de la Ligue 1 passe avant tout, y compris l’ambiance dans ce merveilleux stade. La mesure serait diablement efficace en plus de plaire à la LFP, désireuse de bannir ces objets des enceintes sportives : sur la seule réception de l’OGC Nice, ou plusieurs dizaines de fumis auraient été déployés, le PSG aurait perdu un paquet de points et pointerait à la 4e place, pas trop loin de l’OL de Pep Genesio.

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  • On fait pousser des pelouses de 3m50 dans tous les stades de L1 juste pour accueillir le PSG

« La première difficulté pour nous a été le terrain pas arrosé, la pelouse plus grande. Le match était moins rythmé. » Difficile d’oublier la rengaine amère d’Unai Emery après le Clasico décevant de Paris au Vélodrome. Et si la solution était tout simplement là ? Offrir aux meilleurs techniciens de L1 un terrain moyennement praticable, le rendre chiant au possible tout en restant dans les limites fixées par la LFP.

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Pour le coup, ce n’est pas si farfelu que ça. C’est un grand classique des petits clubs espagnols, italiens et portugais pour emmerder les mastodontes nationaux. On peut même s’interroger sur la Mosson, dont le tapis était désastreux pour accueillir les Parisiens au mois de septembre. Niveau spectacle c’est très moyen en revanche. Car comme nous le disait Stéphane Maître, jardinier en charge de la pelouse de Dijon, au début du mois : « quand la pelouse est mauvaise, elle l’est pour les deux équipes ». Reste à savoir si on préfère voir du beau jeu ou un championnat ouvert.

  • On aide Javier Tebas à faire sanctionner le PSG avant le mercato hivernal

L’UEFA, l’UE, bientôt l’ONU, le FBI, l’Otan, les Stormtroopers et les Avengers… Le président de la Liga, Javier Tebas, est prêt à saisir tout l'univers pour faire tomber le Paris Saint-Germain depuis que celui-ci a chipé (moyennant un chèque de 222 millions d’euros tout de même) Neymar au Barça. Son but ? Qu’il soit sanctionné au plus vite pour manquement à la règle du fair-play financier. Du coup, si vous détenez des informations qui pourraient servir à ce pauvre Javier et obliger le PSG à vendre massivement dès cet hiver, n’hésitez pas, il y va de l’intérêt de la L1 (par contre faudra pas pleurer quand le Besiktas mettra 2-0 et 1-3 à un Paris amoindri en quarts de C1).

  • On attend la crise de novem…

Non, rien, oubliez.

  • On annule les deux matchs de Paris contre Lille et on les remplace par deux autres contre Montpellier

Plutôt que d’offrir six points et une dizaine de pions supplémentaires au Paris Saint-Germain, soyons malins et faisons-les jouer deux fois plus contre le MHSC, meilleure défense de L1 avec huit buts encaissés et auteur de matchs nuls notables contre les deux meilleures attaques de France, le PSG donc et même l’OL (alors que l’équipe de Pep Genesio met des 5-0 à tout le monde).

  • On organise un « Val d’Oise-Tour » des boîtes de nuit du 9-5 pour Neymar

Souvenez-vous, après la large victoire du PSG contre Nantes (4-1) il y a bien dix jours, Neymar se retrouvait on ne sait comment dans une boîte de Pierrelaye (Val d'Oise) avec le rappeur américain Tyga pour faire la bringue. Un début de Ronaldinhisation pour le crack brésilien ? Pas encore au vu de son super rendement. Mais en insistant un peu, en continuant d’inviter régulièrement Ney à des soirées mondaines du 9-5 où on le ferait chanter ivre  Gravé dans la roche de Sniper jusqu’à l’aurore, on finira bien par avoir raison de son niveau de jeu et a fortiori de celui du PSG.

  • On se focalise sur « l’autre championnat »

Agir, c’est bien. Le déni, c’est mieux. Et puis c’est sans doute ce qu’il y a de plus réaliste. Le PSG est hors d’atteinte, il est même en avance sur tous les standards (le Nice hégémonique de l’automne 2016 pointerait aujourd’hui à cinq points du leader 2017), faisons donc comme s’il n’existait pas.

A l’inverse, réjouissons-nous d’avoir un trio de poursuivants composé de clubs historiques enfin capables de tenir simultanément leur rang. Qui finira deuxième ? Qui sera éjecté du podium pour goûter aux délices de la Ligue Europa ? Un peu plus bas, qui va descendre ? Qu’adviendra-t-il de Lille ? De Nice ? Bref, le suspense est présent partout. Sauf là où il est vital.