Ligue 1: «C’est plus psychologique qu’autre chose», pourquoi les hôtes du PSG ne veulent pas arroser la pelouse

FOOTBALL Le leader du championnat se déplace à Angers ce week-end…

J.L avec J.S.M (à Marseille)

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Mbappé et le PSG avaient concédé le nul à Montpellier sur une pelouse déplorable (0-0).
Mbappé et le PSG avaient concédé le nul à Montpellier sur une pelouse déplorable (0-0). — SYLVAIN THOMAS/AFP
  • Les clubs de L1 bénéficient d’une certaine latitude dans l’entretien de leur pelouse.
  • La réception du PSG représente souvent l’occasion de « tricher » un peu avec les règles.

C’est devenu l’excuse préférée des Parisiens après un déplacement mal négocié. L’état de la pelouse, trop haute, trop mauvaise, trop sèche. Pas assez consentante pour des joueurs de cette qualité. Pas assez douce pour des crampons dorés habitués à fouler les plus beaux billards du continent. Pas assez belle pour mériter un investissement irréprochable. Les entraîneurs de L1, pas cons, se seraient même passé le mot sur Telegram : tout faire pour proposer au PSG un champ de patates avariées un week-end sur deux, si le pythium, un champignon qui se développe en cas de forte chaleur et d’humidité, n’a pas déjà fait son office.

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On est allés fouiller dans les textes de la LFP. En dehors de la « dimension de l’aire de jeux », qui doit obéir aux standards recommandés par la Fifa (105x68m), l’organisateur de la compétition laisse une certaine marge de manœuvre aux clubs qui reçoivent. Libre à eux de vouloir un gazon qui fuse ou qui ralentit le jeu, à condition de respecter une ou deux règles basiques.

  • Avoir terminé l’arrosage une heure avant le coup d’envoi.
  • OU arroser à cinq minutes du coup d’envoi et/ou à la mi-temps.
  • OU ne pas arroser du tout.
  • Prévenir le club visiteur des dispositions qui vont être suivies quatre heures avant le coup d’envoi.

Contre le PSG et son attaque Olive et Tom, difficile de résister à la tentation de chercher un gazon le plus lent possible, comme l’a décidé l’OM il y a quinze jours. Martin d’Argenlieu, directeur général de l’Orange Vélodrome aux platines : « On a demandé au club :est-ce qu’ils veulent que le terrain soit arrosé avant le match et/ou à la mi-temps ? En l’occurrence, il n’a pas été arrosé, sur demande du club. Effectivement, quand on arrose, le ballon va plus vite ».

Plus fourbe encore, l’OM avait choisi de jouer sur la hauteur de la tonte, suivant le principe évident du « plus c’est long, moins c’est bon (pour le jeu) ».

« Ça a fait couler beaucoup d’encre, oui (soupir). Ce qu’il faut préciser c’est qu’il y a une hauteur de tonte réglementaire pour les matchs de Ligue 1. On l’a évidemment respectée. On a tondu comme d’habitude. Mais c’est vrai que je connais bien le "greenkeeper" du PSG, lui, il aime tondre super ras. Donc, elle était effectivement plus haute au Vélodrome qu’au Parc des Princes ».

 

Renseignement pris, il n’existe rien dans les textes qui spécifie quelle doit être la hauteur réglementaire d’une pelouse de L1.L’usage veut que la tonte se fasse entre 25 et 30mm, selon les saisons et les équipements disponibles, précise Stéphane Maître, le jardinier qui veille sur la pelouse dijonnaise, impeccable lors de la réception du PSG fin septembre.

« A Dijon, on n’a pas de chauffage ou de système d’éclairage. La tonte dépend du temps. Au printemps, je vais être autour de 26mm, à la fin de l’été, je vais monter un peu, et pour l’hiver (28), on laisse la longueur maximum afin d’avoir un gazon qui résiste à la température et au piétinement (30) ».

Paris est venu visiter Gaston-Gérard au bon moment, donc, celui des gazons tondus comme à l’armée. Encore que, là aussi, Olivier Dall’Oglio, le coach djonnais, avait choisi de ne pas arroser. Une décision à l’effet « plus psychologique que réel », selon Stéphane Maître. « Quand la pelouse est mauvaise, elle l’est pour les deux équipes ».

On n’ira pas jusqu’à dire que c’est la raison qui a poussé Neymar à déclarer forfait pour le court déplacement de samedi à Angers. Le Brésilien ne connaît pas encore notre L1, sinon il saurait que dans le Maine-et-Loire, on aime les gazons bien portants. « On ne fera rien de différent cette fois parce que c’est le PSG en face, nous souffle-t-on du côté du club angevin. On a fini 4e au classement des pelouses l’an passé, ça veut dire que les visiteurs [qui participent à la notation], n’ont pas l’habitude de se plaindre des conditions de jeu ». Quitte à donner des envies de s’ébrouer tout partout aux stars parisiennes ? C’est un risque à courir.