Crash industriel: Les supporters de Cesson-Rennes flippent-ils à l'idée de voir la nouvelle salle inaugurée en D2?

HANDBALL Le club bretillien n'a toujours pas remporté le moindre match de championnat, cette saison...

Jeremy Goujon

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Le fidèle public cessonnais n'a pas encore vu ses favoris triompher, cette saison.
Le fidèle public cessonnais n'a pas encore vu ses favoris triompher, cette saison. — P. Riou / www.handouest.fr
  • Depuis leur qualification en Coupe de la Ligue début septembre, les Cessonnais restent sur une série de deux nuls et sept défaites, toutes compétitions confondues.
  • Un bilan qui ne devrait pas être amélioré ce mercredi soir, puisque les Irréductibles rendent visite au PSG, devant les caméras de beIN Sports (20 h 45).
  • Il faudra plutôt attendre la réception de Chambéry (22 novembre) pour de nouveau assister, éventuellement, à un succès de l'équipe bretonne.

C’est ce qu’on pourrait appeler la cruelle ironie du s(p)ort. Depuis son accession à la D1, en 2009, le Cesson-Rennes Métropole HB a toujours eu deux chevaux de bataille : 1) le maintien au plus haut niveau, malgré le ou l’un des plus petits budgets de l’élite (12e sur 14 cette année) ; 2) le remplacement de l’obsolète Palais des sports de la Valette par une salle répondant davantage aux critères de la Lidl Starligue, le deuxième meilleur championnat au monde derrière la Bundesliga.

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Relégable avant d’aller défier le PSG

Bonne nouvelle : les Irréductibles jouiront (enfin) d’une enceinte de 4.500 places (3.000 de plus que l’actuelle), à partir de septembre 2018. Mais le « miracle permanent » sera-t-il encore d’actualité à ce moment précis ? Jamais, depuis huit ans, le club bretillien n’avait en effet connu un début d’exercice aussi délicat.

Au bout de huit journées, soit quasiment le tiers de la saison, Cesson reste ainsi en quête de sa première victoire (deux nuls, six défaites). Un succès que les joueurs de Yérime Sylla, aujourd'hui 13es au classement et donc relégables, ne devraient pas obtenir ce mercredi soir, à Paris (20 h 45). Dès lors, une question se pose : les supporters cessonnais ont-ils peur de voir le nouvel écrin inauguré à l’échelon inférieur ?

Le retour de Lanfranchi

« Je le crains, avoue sans détour Samuel, un habitué de la Valette. On se rend compte que se maintenir avec des budgets aussi serrés est compliqué. » Président de l’Irréductible Kop, Jean-Michel Bagu se veut, lui, plus optimiste. « Il n’y a pas de crainte pour l’instant. Il faut laisser le temps aux nouveaux joueurs de s’acclimater, notamment les Belges, qui sont tous très bons [Thomas Bolaers, Simon Ooms et Arber Qerimi ont rejoint leur compatriote Jef Lettens en Ille-et-Vilaine]. Ça va d’ailleurs de mieux en mieux pour eux, et tout va finir par se mettre en ordre de marche. »

#CRMHBSRVHB | Défaite face à Saint-Raphaël sur le score de 28-26

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Signe, quand même, que quelque chose cloche, le club a fait sortir de sa retraite Mathieu Lanfranchi, la semaine dernière. Le pivot « Hand Star » (35 ans), devenu entraîneur au centre de formation, a été appelé à la rescousse afin « d’atteindre (les) objectifs initiaux ». « Il ne va pas remporter les rencontres à lui tout seul », tempère cependant Bagu. Mais l’expérience (plus de 200 matchs en D1) et l’efficacité du chouchou du public (« 850 buts à 80 % de réussite », comme le précise le CRMHB), aideront sûrement ses partenaires à gagner en confiance et lucidité.

Ça n’a pas tourné dans le bon sens

« Il manque un petit truc, car on a souvent perdu d’un ou deux buts d’écart seulement », constate le speaker Julien Hardé, également membre du comité directeur. Outre les scores de parité, Cesson-Rennes est effectivement passé tout près de la victoire contre Saran (29-30), Nîmes (23-24), à Dunkerque (22-21) et face à Saint-Raphaël (26-28). Un amas de frustration qui n’a pas entamé le moral des fans.

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« Certes, la perspective de la D2 est un peu dans les têtes, mais je ne sens pas de baisse de motivation, note Hardé. Au contraire, l’ambiance lors de la venue de Tremblay [30-30, le 4 novembre] fut la plus belle de ses dernières années. Et il suffit de voir le clapping d’avant-match contre Saint-Raphaël [9 novembre] pour se rendre compte qu’il y a toujours une grosse ferveur. »

Le huitième homme aura encore un rôle important à jouer face à Chambéry (22 novembre), dans un duel de bas de tableau qui pourrait enfin permettre aux Irréductibles de lancer leur saison