Droit de rêver: «Soyons fous!», pourquoi Cesson-Rennes ne va pas perdre à Nantes

HANDBALL Le « H » se présente comme l’ultra favori du derby en D1, mais sait-on jamais, sur un malentendu…

Jeremy Goujon

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L'arrière droit cessonnais Geir Guðmundsson lors du dernier duel contre Nantes en Lidl Starligue, le 15 mars 2017.
L'arrière droit cessonnais Geir Guðmundsson lors du dernier duel contre Nantes en Lidl Starligue, le 15 mars 2017. — P. Riou / www.handouest.fr
  • Un nul, sept défaites. Tel est l’effroyable bilan de Cesson-Rennes Métropole à Nantes, où il n’a donc jamais gagné en première division.
  • L’historique des confrontations ne devrait pas s’améliorer après le duel de ce soir, tant ce dernier apparaît déséquilibré. Et pourtant…

La logique voudrait que Nantes s’impose une nouvelle fois à domicile contre Cesson-Rennes Métropole, ce mercredi en Lidl Starligue (20 h 45). Mais si les Irréductibles n’ont jamais triomphé en Loire-Atlantique depuis leur montée en D1 (2009), d’anciens vainqueurs du « H » misent tout de même sur un exploit cessonnais… ou presque.

Parce que les Nantais disputent la Ligue des champions. Tombeurs des Hongrois de Szeged dimanche dernier (30-26), pour le coup d’envoi de la C1, les hommes de Thierry Anti iront défier samedi le champion d’Europe en titre, le Vardar Skopje. « Si on cherche un motif d’espoir pour Cesson, il réside dans le fait qu’Ivry [nul 30-30] et Nîmes [victoire 29-33] ont fait trébucher Nantes chez lui l’année dernière, dans des matchs coincés entre deux journées de Ligue des champions, rappelle l’ex-gardien Mathieu Kreiss. Il faudrait que les Nantais renouvellent ce type de faux-pas, et, ma foi, c’est difficile d’enchaîner. »

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Devenu responsable de la formation à Gonfreville, Kreiss faisait partie de l’ultime équipe cessonnaise à avoir disposé du H dans le 44, le 24 mars 2006 (26-27, en D2). Un scénario auquel il ne croit guère, aujourd’hui. « Je serais le premier ravi si Cesson gagnait, mais il y a une classe d’écart entre les deux clubs. Je pense que Nantes l’emportera avec quatre ou cinq buts de différence… avec une belle résistance des Cessonnais. »

Parce que mine de rien, ça s’est déjà produit. Il y a onze ans, David Christmann était l’entraîneur de ce qu’on appelait encore l’OC Cesson. Un coach qui avoue très franchement ne pas se souvenir du succès précité (« 2006, c’est loin »), contrairement au nul obtenu à Nantes « il y a quatre-cinq ans, en fin de saison » (25-25, le 29 mai 2013). Soit la seule fois, sur huit tentatives, où les Irréductibles ne sont pas rentrés bredouilles de leur plus court déplacement en première division.

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« Il y avait quand même de la frustration, parce que ce match, on doit le gagner, affirme Christmann. Dans les cinq dernières minutes, les arbitres ont tout fait pour que Nantes ne perde pas. Avec un arbitrage correct, donc… »

Igor Anić et les Cessonnais après leur exploit à Montpellier, en octobre 2013.
Igor Anić et les Cessonnais après leur exploit à Montpellier, en octobre 2013. - P. Glorian / www.cesson-handball.com

Le technicien estime par ailleurs que « c’est quand on s’y attend sans doute le moins, qu’on crée la vraie surprise ». Et David Christmann, récemment démis de ses fonctions à Tremblay, de citer un mémorable succès à Montpellier. « On se disait : "Allez, il ne faut pas qu’on se prenne dix buts d’écart", et finalement, on est revenus avec la victoire [32-34, le 10 octobre 2013]. »

Parce que la pression sera cette fois dans le camp adverse. Pareille performance des joueurs de Yérime Sylla, ce soir en terre ligérienne, résonnerait également comme un coup de tonnerre. Car au-delà de la différence de standing, l’état de forme ne plaide pas non plus en faveur des Bretilliens, battus en ouverture du championnat par Saran (29-30).

« Ils ont abordé ce match avec énormément de pression, estime l’ancien demi-centre Pierre Le Meur, lui aussi présent en 2006. Là, Cesson n’a rien à perdre, à l’inverse de Nantes, qui, vu ses ambitions, ne peut pas se permettre de lâcher des points à la maison - encore moins contre des formations de la deuxième moitié de tableau. Cette rencontre de gala peut permettre au groupe cessonnais de se lâcher, et avec un surplus de motivation, pourquoi ne pas essayer de créer l’exploit ? »

À la tête, désormais, de l’équipe réserve du CPB Rennes, Le Meur ne pariera cependant pas sur une victoire de son ex-club. « Mon pronostic ? Soyons fous, match nul… Même si ça va être dur, on a envie de voir les Cessonnais briller. »