Jérémy Suty au Hand Star Game 2017, ou l'une des rares satisfactions de la saison côté cessonnais.
Jérémy Suty au Hand Star Game 2017, ou l'une des rares satisfactions de la saison côté cessonnais. — G. Van Der Hasselt / AFP

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Lidl Starligue: Bon sang, mais qu'est-ce qui se passe au Cesson-Rennes Métropole?

Les Irréductibles sont 12es sur 14 au classement avant de recevoir l'ogre nantais...

Habitué aux places d’honneur ces dernières saisons en D1 (7e en 2013, 2014 et 2015, 8e en 2016), le Cesson-Rennes Métropole HB vit cette fois un exercice plus compliqué. Antépénultième au classement de la Lidl Starligue, avec seulement quatre points d’avance sur le premier relégable (Créteil), le club bretillien « a une épée de Damoclès au-dessus de la tête », selon Stéphane Clémenceau.

Le président des Irréductibles nous explique pourquoi avant la réception de Nantes, fraîchement qualifié pour les 8es de finale de la Ligue des champions, mercredi (20 h).

Une concurrence de plus en plus féroce. « Le niveau du championnat augmente de manière exponentielle tous les ans. Nous, malheureusement, et même si on améliore toujours un peu les choses, c’est moins exponentiel. En fait, c’est la course à l’armement dans des clubs avec lesquels on luttait habituellement, comme par exemple Toulouse [actuel 7e] ou Aix [6e].

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Aujourd’hui, ils possèdent un budget beaucoup plus important que le nôtre [voir le tableau ici], et ont donc davantage de joueurs d’expérience, qui apportent une plus-value immédiate. À Cesson, on parie plus sur des jeunes comme Allan Villeminot (21 ans) ou nos deux Islandais [Guðmundur Helgason, 24 ans, et Geir Guðmundsson, 23 ans]. Ça demande par conséquent plus de temps pour arriver au niveau souhaité. »

Le poids des maux, le choc des bobos. « Cette année, c’est la loi de l’emmerdement maximum (sic). On a eu une cascade de blessures depuis le début de saison, et pas des moindres. C’est d’autant plus dommage pour Helgason [dont la saison est terminée], puisqu’il était revenu en super forme après les championnats du monde avec l’Islande. Il avait fait deux gros matchs de reprise à Chambéry et à Toulouse [dix de ses 23 buts en championnat ont été inscrits au cours de ces deux rencontres].

Juste avant, Kévin Bonnefoi fut absent pendant trois mois. Wilson Davyes a très peu joué en première partie de saison, car il a multiplié les petits pépins entre l’épaule, le doigt, le mollet… Benoît Doré aussi a manqué les trois premiers mois. Pour une équipe comme la nôtre, c’est beaucoup trop. On ne se réfugie pas uniquement derrière ça, évidemment, mais ça nous coûte vraisemblablement les deux-trois points qui manquent pour être plutôt dans le milieu de tableau. »

Un seul être vous manque. « Le départ de Romain Briffe a laissé un grand vide, on s’y attendait. Quand on voit comment il porte Chambéry vers le haut quand il joue et quand il est bon, on se rend compte encore plus de tout ce qui nous manque aujourd’hui. »

Ne surtout pas céder à la panique. « Ça faisait déjà quelques années que je craignais ce type de mésaventure, en me disant que notre équilibre était très fragile. Quand tu as 14 joueurs professionnels, et que deux ou trois éléments importants se pètent, ça devient assez compliqué.

Mais comme on ne s’est jamais enflammés quand on était bien calés dans le ventre mou du championnat, on ne panique pas maintenant que nous sommes en difficulté. Quelque part, ne sommes-nous pas complètement à notre place ? Je ne suis pas loin de le penser. On essaye en tout cas de rester sereins à tous les niveaux, afin de réussir la mission suivante : gagner trois matchs [sur les neuf journées restantes]. À mon avis, ça suffira pour se maintenir. »

Pendant ce temps-là, en Loire-Atlantique. « Si Nantes, qu’on a parfois devancé [du temps de la D2], a grandi plus vite, c’est grâce à son équipement. Il y a également la qualité du travail fourni, mais si celui-ci a pu être aussi bon, c’est parce que les moyens mis en œuvre ont été nettement supérieurs aux nôtres. Quand on a commencé à affronter les Nantais en D1, ils étaient encore dans leur petite salle à Mangin-Beaulieu (2.000 places). À partir du moment où ils ont migré vers le grand Palais des sports de Beaulieu (5.500 sièges), ils ont commencé à exploser sportivement.

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C’est le parfait exemple de l'outil qui peut contribuer au développement d’un club, et à notre échelle, il faudra s’inspirer de tout ce qu’a pu faire Nantes. Dont les dirigeants et l’effectif, globalement, sont plutôt admiratifs de ce qu’on a fait pendant des années, avec si peu de moyens. On a donc envie de leur dire : Attendez-nous encore un an et demi [lorsque les Cessonnais auront enfin leur nouvelle salle]. Là, on pourra commencer à être un peu plus performants (sourire). »