Handball: «Pour Cesson-Rennes, ce serait un accident industriel de descendre maintenant»

SPORT Le club bretillien part avec les faveurs des pronostics en vue du maintien en première division…

Jeremy Goujon

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Visiblement, pour Yérime Sylla, le maintien, c'est par là.
Visiblement, pour Yérime Sylla, le maintien, c'est par là. — P. Riou / www.handouest.fr
  • En avance sur Créteil et Saran, les autres équipes menacées de relégation, les Irréductibles devraient logiquement se sauver.
  • Il faudrait effectivement une « remontada » encore plus incroyable que celle de Barça-PSG pour les en empêcher...

Qui pour accompagner Sélestat en Proligue (D2) la saison prochaine ? Déjà condamné à la relégation, le club alsacien sera imité par l’un des trois concurrents suivants : Saran, Créteil ou Cesson-Rennes.

Avant la dernière journée de Lidl Starligue, qui les voit jouer à… Créteil ce jeudi soir (20 h 30), les Irréductibles partent clairement favoris pour le maintien.

Le contexte. Nanti de 16 points, Cesson possède deux longueurs d’avance sur Créteil et Saran, en déplacement à Chambéry (déjà assuré d’être européen). « Je n’ai pas le souvenir d’une telle bagarre à trois, déclare auprès de 20 Minutes l’ancien demi-centre international François-Xavier Houlet, reconverti consultant sur BeIN Sports. En début de saison, on pouvait avoir des craintes pour Saran [novice en D1], moins pour Créteil et Cesson. Et paradoxalement, au cours de l’exercice, on ne s’attendait plus du tout à voir Saran dans cette position. »

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L’équipe du Loiret, adepte du « 7 contre 6 » (soit la possibilité d’attaquer en supériorité numérique en faisant entrer un joueur de champ à la place du gardien), comptait en effet douze unités à mi-parcours. Aujourd’hui, elle n’en détient que 14, la faute à une désastreuse série (en cours) de dix défaites consécutives. « Avoir douze points à mi-championnat et être menacé de descente, je crois que c’est du jamais vu », estime Houlet. A contrario, Créteil, qui semblait lâché à la trêve, « revient de l’enfer », dixit le président bretillien Stéphane Clémenceau.

Les scenarii possibles. Par conséquent, le club le moins bien loti à l’orée de la « der » est Saran, dont un revers en Savoie serait synonyme de relégation automatique. Certes à égalité avec Créteil, la formation de l’ex-Irréductible Igor Anic est en revanche à la traîne au niveau de la différence de buts particulière (-4). En cas de match nul, le promu priera pour une victoire bretonne en terre cristollienne. Mais outre des succès conjugués de Cesson et Saran, lesquels condamneraient les banlieusards parisiens, il demeure surtout l’hypothèse d’un « ex aequo tripartite ».

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Le moment choisi par l’entraîneur cessonnais Yérime Sylla pour sortir la calculette. « Si chacun termine avec 16 points, on se retrouve dans un championnat à trois, pose le coach. On regarde alors les confrontations directes et le goal-average lié. Nous, on est à +7, Saran est à -1 et Créteil est à -6. En résumé, il ne faut pas perdre de huit buts [puisque Cesson n’a pas l’avantage sur l’aller-retour face à Saran]. On a très rarement été battus avec ce genre d’écart cette saison : contre Chambéry (22-33), Montpellier (28-37) et à Paris (41-28) [34-25 aussi à Aix]. »

Sérénité et méfiance. Il faudrait ainsi un incroyable concours de circonstances pour que le Cesson-Rennes Métropole HB regoûte à la D2, huit ans après l’avoir quittée. « On est dans la meilleure situation, il faut quand même en tenir compte, synthétise Sylla. Le plus simple, c’est de gagner à Créteil, mais le point arraché à Saint-Raphaël [29-29, le 24 mai] nous permet de pouvoir perdre (sic). On est confiants parce qu’effectivement, on a un matelas, mais on doit garder la tête sur les épaules, car on ne sait pas ce que Créteil nous réserve, ni comment on sera arbitrés. Il faut rester prudent. »

Son de cloche identique dans la bouche de Clémenceau : « Il peut toujours y avoir de grosses surprises lors d’une dernière journée, même si la bonne nouvelle, c’est qu’on a totalement notre destin entre les mains ». « Sincèrement, je ne vois pas Chambéry commettre la même erreur que face à Créteil [défaite 29-30, le 13 avril], avoue en plus François-Xavier Houlet. Tout est possible, mais ce serait catastrophique pour Cesson, qui a validé sa nouvelle salle pour l’avenir. Ce serait un accident industriel de descendre maintenant… »