VIDEO. Spectacle, danger... Pourquoi le freestyle sera la curiosité majeure des JO de Pyeongchang

SKI FREESTYLE A l’instar de l’impressionnant Sosh Big Air devant près de 40.000 spectateurs, samedi à Annecy, les disciplines freestyle pourraient avoir la cote en février…

A Annecy, Jérémy Laugier

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Dès leurs sauts d'entraînement, samedi lors du Sosh Big Air d'Annecy, les riders n'ont pas hésité à se lancer à pleine vitesse dos au tremplin.
Dès leurs sauts d'entraînement, samedi lors du Sosh Big Air d'Annecy, les riders n'ont pas hésité à se lancer à pleine vitesse dos au tremplin. — Like That
  • Le Sosh Big Air vient de rappeler au grand public que le ski freestyle avait totalement sa place aux Jeux olympiques.
  • Après avoir rapporté cinq médailles à Sotchi en 2014, le freestyle pourrait jouer un rôle encore plus important dans quatre mois.

Mine de rien, les Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud) étaient déjà dans toutes les têtes, samedi lors du Sosh Big Air d’Annecy. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on sait que des JO ont valeur d’aboutissement pour tous ces athlètes et que le freestyle a rapporté un tiers des médailles tricolores en 2014 à Sotchi (5 sur 15) ?

Après avoir vu samedi certains Français emballer près de 40.000 spectateurs depuis un tremplin disposé à 42 mètres de hauteur, on est en droit de se demander si les disciplines freestyle ne vont pas constituer la curiosité majeure de ce rendez-vous olympique. Les intéressés livrent leur ressenti à 20 Minutes.

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« Faire preuve d’énormément de créativité »

« Il est certain que le freestyle amène une image un peu plus jeune au ski, explique Benoît Valentin, deuxième à la dernière Coupe du monde de half-pipe. Certains fidèles gardant leurs souvenirs de casse-cou de l’adolescence suivent encore le freestyle. Mais notre public a surtout entre 10 à 30 ans, contrairement à l’alpin. » Si les jeunes sont attirés par les X games depuis une vingtaine d’années, c’est avant tout pour « cette dimension spectaculaire » commune au half-pipe, au slopestyle (intégré depuis Sotchi) et au Big Air, qui connaîtra sa première olympique en février pour les snowboarders.

« On cherche tous à faire preuve d’énormément de créativité », confie Tess Ledeux, vainqueur du Sosh Big Air et championne du monde de slopestyle à 15 ans. Si elle préfère « éviter de (se) mettre la pression », la skieuse de La Plagne a totalement le profil de révélation pouvant briguer une médaille dans quatre mois. Benoît Valentin (24 ans), a une autre petite idée quant à l’attrait grandissant du public pour ces disciplines encore totalement méconnues il y a peu.

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« Presque chanceux de n’avoir eu qu’une fois les croisés »

« Ce sont des shows qui donnent des frissons au public, confie-t-il. Les gens aiment ressentir qu’on fait face au danger. Tant que le skieur n’est pas retombé sur ses deux skis, on sent qu’ils retiennent leur souffle. Pour eux, un tour en l’air sur un Big Air est déjà fou, alors imaginez quatre tours et demi. » On imagine bien, après avoir côtoyé l’euphorie déclenchée par certains tricks sur une esplanade du Pâquier bondée samedi soir.

La foule était vraiment colossale, samedi soir au bord du lac d'Annecy, pour assister au Sosh Big Air.
La foule était vraiment colossale, samedi soir au bord du lac d'Annecy, pour assister au Sosh Big Air. - Like That

Le danger s’accompagne fréquemment de graves blessures au genou, déjà dans le ski mais encore davantage dans le freestyle. « Je suis presque chanceux de n’avoir eu qu’une fois une rupture des ligaments croisés », glisse même plutôt sérieusement Benoît Valentin, qui sait que son partenaire en équipe de France Kevin Rolland a par exemple déjà affronté cette épreuve à deux reprises. « Les spectateurs aiment les crashs, résume Benoît Valentin. Cette curiosité pour la dramaturgie existe toujours. » Mais pas sûr pour autant que le grand public ne s’insurge si le freestyle a la bonne idée de rafler un paquet de médailles à Pyeongchang.