«Imaginer l’endroit 20 ans après», quand Paris 2024 s'inspire de Londres 2012 pour vendre des JO durables

JEUX OLYMPIQUES La candidature parisienne dépose la troisième partie de son dossier vendredi...

A Londres, Romain Baheux

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Le parc olmpique de Londres a permis de rénover l'Est londonien.
Le parc olmpique de Londres a permis de rénover l'Est londonien. — Instagram LLDC

De notre envoyé spécial à Londres,

Il faut bien le reconnaître, la vue sur Londres est magnifique des fenêtres du dixième étage de cet immeuble moderne posé à la sortie du métro. Nous sommes dans le quartier de Stratford, dans l’Est de la capitale britannique, et Mark Camley montre les différents chantiers visibles par les larges baies vitrées. Un peu ses bébés, lui qui occupe les fonctions de directeur exécutif au sein de la London Legacy Development Corporation (LLDC), l’organisme chargé de faire fructifier le quartier hôte du parc olympique des JO 2012.

« Et dire qu’ici, c’était l’endroit où les gens venaient jeter leur frigo usagé. Ce n’était pas un endroit très sûr », glisse-t-il en contemplant les étendues d’herbe croisant les barres d’immeubles colorées, où vivaient les athlètes lors des Jeux. La parfaite illustration d’un petit guide « quoi faire de vos équipements après les JO », en opposition totale à Sotchi par exemple.

Car si les Anglais ont raflé les Jeux de 2012 en mettant le paquet sur le lobbying, ils avaient aussi très bien vendu la rénovation urbaine de ce quartier délaissé de l’Est londonien. « On a beaucoup regardé ce qu’ils ont réussi à faire », explique-t-on dans les rangs de Paris 2024, qui remet vendredi au CIO le troisième volet de sa candidature, centré sur ce qu'il adviendra des infrastructures une fois les JO terminés. Justement, une large partie du projet est axée autour de la Seine-Saint-Denis, où serait notamment implanté le village olympique et ses 5.000 logements récupérables dans la foulée.

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Si Londres a triplé son budget initial, le quartier a subi une mue impressionnante. « On a voulu faire de Stratford un endroit où les gens pouvaient s’installer sur la durée, poursuit Mark Camley. Il ne fallait pas que ce soit juste un endroit de transit. Pour ça, on a mieux desservi le secteur mais on l’a pourvu en écoles et on a incité financièrement des entreprises à venir s’y implanter. » LLDC se félicite ainsi d’avoir attiré le siège de Transport for London, la RATP locale qui s’y installera en 2018, et table sur 50.000 nouveaux emplois et 24.000 logements construits d’ici 2031.

« Si tu m’avais dit un jour que je resterais dans ce coin et qu’en plus, j’y bosserais, je t’aurais ri au nez, s’amuse John. Maintenant, les gens viennent promener leur chien, se balader en famille ou faire leur jogging ici. » « Notre but, ce n’était pas juste les Jeux, mais d’imaginer l’endroit 20 ans après. Quand vous me dites qu’on inspire les villes candidates, on est fiers. Maintenant, votre objectif sera de faire encore mieux. » Paris ne demande qu’à relever le défi.