JO 2016: Un gars, une fille... Kévin Mayer et Marine Johannes, la France s'est découvert deux nouvelles stars

JEUX OLYMPIQUES Kevin Mayer en décathlon et Marine Johannes en basket ont illuminé la soirée française…

R.B & B.V.
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Kevin Mayer et Marine Johannes seront peut-être encore médaillés à Tokyo. Ou au pire, ils remplaceront Alexandra Lamy et Jean Dujardin
Kevin Mayer et Marine Johannes seront peut-être encore médaillés à Tokyo. Ou au pire, ils remplaceront Alexandra Lamy et Jean Dujardin — Hollywood // Photoshop

De nos envoyés spéciaux à Rio,

Si vous n’êtes pas un grand suiveur de l’actualité, c’est sans doute la première fois que vous entendez ces noms. Mais - pour faire honneur au cliché - sûrement pas la dernière. Jeudi soir, deux Français ont explosé à la face de leur pays mais aussi du monde : le premier, Kévin Mayer, a été sacré vice-champion olympique du décathlon. La seconde, Marine Johannes, a régalé avec l’équipe de France de basket face aux toutes puissantes Américaines. Voici les futures stars à Tokyo… voire à Paris.

Kevin Mayer, le surdoué qui vise le record du monde

Kevin Mayer après sa médaille olympique sur décathlon
Kevin Mayer après sa médaille olympique sur décathlon - Lee Jin-man/AP/SIPA

Pourquoi on a parlé de lui ?

Parce que depuis 1948, aucun Français ne s’était offert une médaille olympique sur décathlon, la discipline de l’athlète complet. Pour s’emparer de cet argent derrière l’Américain Ashton Eaton, monstre sacré du déca, Mayer a été exceptionnel. Le Français a amélioré quatre de ses dix records et a pulvérisé le total référence tricolore de Christian Plaziat, vieux de 26 ans. A 24 ans, le voilà avec la sixième meilleure performance de l’histoire (8.834 points).

Pourquoi il va être une star ?

Vous avez vu sa tête ? Kévin Mayer est le beau gosse de cette équipe de France et chacune de ses sorties est célébrée par des milliers d’adolescentes sur les réseaux sociaux. Charismatique, le décathlonien incarne également un renouveau de l’athlétisme français qui se retrouve une pointure dans une discipline peu mise en avant dans nos contrées.

« Je ne fais pas ça pour la gloire, même si c’est gratifiant, répond avec une assurance peu commune le vice-champion olympique. Ce qui est beau, c’est de faire des performances. Et voir dans les yeux des gens qu’on leur a fait vivre des émotions. Là, ça montre qu’on n’en a pas chié pour rien. »

Ce qu’il a encore à faire

Gagner un grand titre. Champion du monde juniors en 2010, Kévin Mayer a connu une ascension progressive en disputant ses premiers Jeux à Londres et en prenant la quatrième place des Mondiaux en 2013. Pour vraiment devenir une vedette du sport français, le vice-champion d’Europe de 2014 doit s’offrir un titre planétaire dans un avenir proche. Problème, Asthon Eaton n’a que 28 ans.

« J’ai des perspectives, soutient le Français. J’ai 24 ans, je suis vice-champion olympique et j’ai la sixième meilleure performance mondiale de l’histoire. Là, j’ai sorti le meilleur décathlon possible à ce moment de ma carrière. Ashton m’a parlé à la fin de la course et m’a dit que ce que j’avais accompli était énorme. Je lui ai dit qu’il était mon exemple, qu’il m’inspirait mais que je n’hésiterai pas à essayer de le battre la prochaine fois. »

Sa phrase qu’on retient

« Chaque année je vais travailler, et chaque année je vais progresser. Si chaque année je m’améliore, peut-être qu’un jour je tendrai vers ce record et alors pourquoi pas le battre. » On a cru qu’il allait sagement botter en touche. Mais non. Interrogé sur son ambition de battre un jour le record du monde de l’Américain (9.045 points), Kévin Mayer l’a joué franc-jeu.

Marine Johannes, la « Mozart du basket français »

Pourquoi on a parlé d’elle

Parce qu’à elle toute seule, elle a tenu la France dans le match pendant une mi-temps face aux impitoyables Américaines. A 21 ans et une poignée de sélections, Marine Johannes a rendu une feuille de stats méga costaude (13 points) mais a surtout rentré plusieurs shoots dingues de suite. Genre ce cross-over step-back qu’on adorerait vous montrer en vidéo si le CIO n’était pas aussi regardant sur les droits d’auteur.

Marine Johannes (à droite) face aux Américaines
Marine Johannes (à droite) face aux Américaines - Andrey/AGIF/Shutterstoc/SIPA

On vous invite juste à faire la recherche Twitter « Johannes Moore » (du nom de sa victime américaine, juste meilleure joueuse du monde en 2014) pour vous en rendre compte. Jeudi soir, le réseau est devenu dingue de Marine. Les journalistes américains en tribunes de presse, eux, se demandaient qui était ce phénomène.

Pourquoi elle va être une star

Parce qu’elle a tout pour : le talent, le style, le cran. Sérieux, faire ça face aux Américaines… « Faut essayer de pas se poser de question », nous répond-elle tout timidement après la rencontre. « C’est une des rares à créer pour elle-même et pour les autres », avance la coach des Bleues Valérie Garnier. C’est simple, on dirait une sorte de mix entre Céline Dumerc et Steph Curry. Son coach à Mondeville, Romain L’Hermitte, confirme pour la ressemblance avec le double MVP NBA dans le quotidien local Liberté Normandie.

« Ils ont le même style de jeu, Marine joue comme un garçon. Il n‘y a pas son équivalent en France, même en Pro A chez les hommes. Personne n‘est capable de prendre des tirs comme elle (…). Quand elle joue, c‘est de l‘art. Elle a une aisance incroyable avec un ballon. C‘est le petit Mozart du basket français, elle récite des mélodies. »

Cool, une nouvelle Richard Gasquet.

Ce qu’elle a encore à faire

Beaucoup de choses, à commencer par aider les Bleues à remporter la médaille de bronze face à la Serbie, samedi. La coach des Bleus, Valérie Garnier : « Faut lui laisser le temps qu’elle se fasse sa propre expérience. Elle était dans une équipe du championnat de France, elle n’est même pas passée par l’Eurocoupe qu’elle est déjà en équipe nationale puis aux JO, ça fait quelques marches d’un coup. Elle fait plutôt des choses bien et même si parfois elle est en difficulté sur l’intensité physique. L’important pour elle va désormais être de rester elle-même. Elle a beaucoup d’humilité, qu’elle reste comme ça et qu’elle continue à apprendre. » Valérie Garnier pourra surveiller ça de très près l’an prochain puisqu’elle a recruté Johannes à Bourges la saison prochaine.

Sa phrase qu’on retient

« Non mais franchement… Quand même pas » Quand on lui a demandé s’il n’y avait pas un peu de Curry dans son shoot sur Maya Moore, elle était vraiment très gênée. « Je regarde beaucoup de NBA, de WNBA, je pense que je m’inspire un peu de ce jeu-là. Je suis fan de Jordan, de Kobe, et en ce moment de Stephen Curry ».

On est pas les seuls à voir la ressemblance
On est pas les seuls à voir la ressemblance - Capture d'écran