01:58
Equipe de France: «Si Deschamps prenait Benzema, ça pouvait apporter des nuisances», estime Boghossian
FOOTBALL•L'ancien sélectionneur adjoint des Bleus Alain Boghossian est surpris mais estime que la décision concernant Benzema est la bonne...Propos recueillis par Nicolas Camus
Occupé à d’autres activités, Alain Boghossian n’était pas encore au courant de la nouvelle lorsqu’il a décroché son téléphone, mercredi soir. Le champion du monde 98 et ancien adjoint de Raymond Domenech puis de Laurent Blanc chez les Bleus entre 2008 et 2012 s’est d’abord montré surpris de la décision de se passer de Benzema pour l’Euro. Mais elle s’explique très bien selon lui.
Êtes-vous surpris de la décision de Didier Deschamps et Noël Le Graët ?
Oui, très. Mais ça doit surprendre un peu tout le monde je pense. Didier a mesuré le pour et le contre, et a pris sa décision. Il faut la respecter, même si c’est dommage pour Karim parce que c’est un grand joueur et qu’il aurait pu apporter beaucoup. Prendre des décisions, ce n’est jamais facile. Je l’ai vécu, dans une période pas facile [l’après-Knysna]. De toute façon, quoi que vous fassiez, vous ne faites jamais l’unanimité. Vos décisions seront aimées par une partie du public et détestées par l’autre. L’important est d’être en accord avec soi-même.
Vous arrivez à comprendre ce qui a poussé Didier Deschamps à prendre cette décision ? Comment il a évalué la situation, entre le côté sportif et le reste ?
Parfois, vous devez prendre des décisions qui ne vous font pas plaisir. C’est aussi la vie d’un groupe… C’est ça qu’il faut voir, il faut élargir, voir au-delà du cas individuel. Dans un groupe, il faut que tout le monde s’entraide. Didier a dû estimer que s’il prenait Karim, ça pouvait apporter des nuisances alors que sur les derniers matchsson groupe a été remarquable et a répondu présent. Karim n’était pas là… On dit toujours que les absents ont toujours tort, ce n’est pas qu’une expression. Quand on est présent on peut se montrer, Payet l’a très bien fait par exemple, quand on n’est pas là les autres peuvent vous passer devant à tout moment.
Même quand on s’appelle Karim Benzema ?
Mais personne n’est irremplaçable ! Vous allez me dire que c’est encore une banalité footballistique, mais c’est vrai. L’équipe doit être forte. France 98 en est l’emblème. On était solides, solidaires, prêts à aller au bout. Onze individualités, comme le Real à une époque, ça ne marche pas. Deschamps a pensé en équipe, et je suis complètement dans ce type de réflexion aussi. Il vaut mieux avoir un groupe fort, toujours.
Il a toujours laissé transpirer cette idée, mais il avait aussi été très élogieux envers Benzema dès qu’il en avait eu l’occasion. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance pour vous ?
Oui, Deschamps a toujours privilégié cet aspect. C’était un milieu de terrain, quelqu’un de l’ombre, respectueux, il a gardé ça. Une équipe, ça se construit, ça se bâtit comme une maison. Il faut des fondations très solides, et enlever tout ce qui ne va pas dans ce sens. C’est ça qui a dû le décider.


















