Mort de Kobe Bryant : Quand l'ancienne star des Lakers apprenait le basket en France, à Mulhouse

BASKET La star des Lakers a fait un passage à Mulhouse lorsqu’il était adolescent…

Julien Laloye

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Kobe Bryant va faire ses adieux au basket le mercredi 13 avril 2016.
Kobe Bryant va faire ses adieux au basket le mercredi 13 avril 2016. — Mark J. Terrill/AP/SIPA

Edit Cet article a été publié en avril 2016, juste avant le dernier match en carrière de Kobe Bryant, décédé dimanche dans un accident d’hélicoptère à Los Angeles. Il revient sur les quelques mois passés en France par la star quand son père était joueur pro à Mulhouse, à la fin des années 80.

Ce n’est pas parce qu’on a eu le temps de s’y faire que l’on accepte la fin plus facilement : Mercredi soir, Kobe Bryant va jouer le dernier match de sa carrière. Après cela, il faudra vivre sans lui et se raccrocher aux souvenirs des grands soirs, ou plutôt des longues nuits sans sommeil, en ce qui nous concerne. Jimmy Vérove a plus de chance. L’ancien international français a connu le Kobe avant la légende, quand la légende, justement, c’était plutôt Joe Bryant, le père, véritable Magic Johnson de l’Europe dans les années 80. A 37 ans, Joe, en fin de parcours, avait choisi un dernier défi à Mulhouse, une place forte du basket français à l’époque. Comme Vérove, alors jeune espoir prêté par Limoges, la famille Bryant se retrouve logée à l’espace squash 3000, en périphérie mulhousienne.

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« Six mois très sympas de ma carrière, se souvient Vérove. Très vite, on est allé à l’entraînement ensemble. Et le petit était toujours là à nous suivre ». Le petit, c’est Kobe, qui ne lâche pas son père d’une semelle. « On voyait le fils de basketteur qui a tout le temps un ballon entre les mains ou une boule de papier, n’importe quoi qui permette de shooter ». Vérove, adepte des heures supp’à la fin des entraînements alors que le père Bryant est à la douche, se coltine très vite ce petit américain jamais rassasié. « Il venait me voir dès que j’avais fini, même à l’hôtel. "Let’s go Jimmy, we play, we play we play ?”. J’ai toujours adoré transmettre aux jeunes, je ne lui refusais jamais des petits matchs ».

« J’étais obligé de lui dire qu’on allait se faire engueuler par son père »

La lutte est inégale entre le jeune international U21 et le petit adolescent encore chétif de 12 ans. Mais Kobe, sans être encore le génie qui allait se rapprocher du mythe Jordan, laisse entrevoir une belle rage de vaincre. « Il se martyrisait le corps pour toucher au moins le filet du cercle. Il n’en avait jamais assez. On y serait encore si parfois je ne l’avais pas arrêté pour le ramener à l’hôtel. J’étais obligé de lui dire qu’on allait se faire engueuler par son père si on ne rentrait pas rapidement. Il avait déjà le toucher, mais surtout qu’il était prêt à travailler. C’était déjà un serbe dans l’esprit tellement il avait faim de basket ». Une éthique de travail qui ne quittera jamais le quintuple champion NBA, connu pour pousser ses coéquipiers à bout en practice.

La jeunesse française de Kobe Bryant ne dure pas des siècles, mais Vérove retient le nom du gamin. Jusqu’à le recroiser dans les colonnes de l’Equipe cinq ans plus tard. « Je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais en train de monter un panneau de basket dans le jardin pour mes enfants, et là je lis dans l’Equipe «Kobe Bryant drafté par les Lakers». Là je me suis dit «Puréééééééé c’est le petit avec qui tu jouais il y a à peine cinq/six ans, j’étais bluffé ». Plus tard, j’ai joué avec la première paire de pompes à son nom. Quand tu penses que c’est le gamin à la coupe afro avec qui je faisais des petits matchs… »

Aux Jeux de Londres, Vérove laisse passer l’occasion de parler du bon vieux temps à un Kobe Bryant sans coupe afro. « Je n’étais pas très loin de lui, mais je n’ai pas osé aller l’embêter pour lui demander s’il se souvenait du type qui avec qui il jouait à Mulhouse ado ». Ce n’est pas perdu pour autant. Le Français, qui s’occupe un peu de préparation physique, se verrait bien proposer ses services au double champion olympique. « J’aimerais bien le retaper pour qu’il fasse un an de plus en Europe. Kobe au CSP Limoges, ça fait rêver non ? » Pour jouer la nouvelle euroligue, c’est sûr que ça aurait de la gueule.