Donald Trump fait désormais payer un accès premium à ses publications sur son réseau Truth Social
MONETISATION•Le service a pour cible principale les traders et les médias financiers qui dépendent de marges de quelques secondesH. B.
Le président américain monétise désormais l’accès à ses publications. Trump Media, l’entreprise de médias de Donald Trump, a officiellement lancé ce samedi un abonnement allant de 60.000 à 100.000 dollars par mois, qui permet un accès anticipé à ses posts sur Truth Social, son moyen de communication privilégié où il publie des messages aux conséquences parfois bouleversantes pour l’économie mondiale ou la géopolitique.
Trump Media a précisé que cette interface automatisée (API) apporterait « un accès homologué et en temps réel aux publications des comptes importants de Truth Social ». Le service a pour cible principale les traders et les médias financiers qui dépendent de marges de quelques secondes.
Influencer les cours en Bourse
Les déclarations du président peuvent en effet très rapidement faire varier les cours de la Bourse. « Les marchés bougent déjà en fonction des publications sur Truth Social », a affirmé Kevin McGurn, directeur général par intérim de Trump Media and Technology Group.
En envoyant des notifications aux banques et aux traders avec quelques millisecondes d’avance sur les autres utilisateurs, il leur permet de vendre ou d’acheter des actions juste avant que les marchés n’intègrent l’information.
Une « monétisation » de la présidence
Le président américain avait créé Truth Social après avoir été banni de Twitter (aujourd’hui X), à la suite de l’assaut du Capitole en 2021 par certains de ses partisans, rejetant sa défaite à l’élection présidentielle de 2020. Il se sert depuis de cette plateforme pour faire ses principales annonces politiques. Mais vendre un tel accès prioritaire pose des questions concernant la monétisation de sa présidence.
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a dénoncé sur X ce nouveau produit proposé par Truth Social comme une « tentative flagrante de tirer des profits de la présidence et d’enrichir Wall Street tout en ne faisant rien pour aider les Américains ».
Inquiets des risques de manipulation, des élus démocrates qui dénoncent une présidence toujours plus ouvertement mise au service d’intérêts privés, ont également saisi le gendarme des marchés financiers.



















