Moteur dans le vélo: «Il faut faire peur aux tricheurs et tout de suite»

CYCLISME Le premier cas de dopage mécanique a été détecté samedi aux Mondiaux de cyclo-cross...

Propos recueillis par Romain Baheux

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La Belge Femke Van Den Driessche aux Mondiaux de cyclocross le 30 janvier 2016.
La Belge Femke Van Den Driessche aux Mondiaux de cyclocross le 30 janvier 2016. — Belga / AFP

On avait parlé de Fabien Cancellara, de Ryder Hesjedal ou même de Christopher Froome mais sans jamais apporter aucune preuve. Finalement, le visage du dopage mécanique serait celui de Femke Van den Driessche, une Belge dont le vélo transportait un moteur lors de la course Espoirs des Mondiaux de cyclo-cross samedi. Si Eric Boyer estime que cette première dans l’histoire du cyclisme ne signifie pas que la pratique est généralisée au plus haut niveau, l’ancien manager de Cofidis appelle à un renforcement d’urgence des contrôles.

Avec ce premier cas de dopage mécanique, on peut affirmer avec certitude que ça existe...

Ça n’a jamais été une légende. A titre personnel, je sais que cette technologie existe car je l’ai vu. C’est très sophistiqué, ce n’est pas un système mécanique introduit dans le cadre d’un vélo. C’est quelque chose de miniaturisé, il ne peut être fabriqué que par quelques ingénieurs. Maintenant, est-ce que ça a déjà été utilisé dans le peloton professionnel ? Ça, on ne sait pas.

Peut-on imaginer que c’est quand même répandu quand on voit que c’est le fait d’une jeune cycliste sans moyen financier conséquent ?

Attendons la fin de l’enquête pour connaître le système utilisé par cette personne. C’est peut-être quelque chose qu’elle a bricolé avec quelques personnes dans son garage avec une clé de 12 et deux boulons. On n’a pas forcément affaire à ce système miniaturisé.

Vous-même, pensez-vous déjà avoir été témoin de coureur professionnel équipé de ce système ?

J’ai vécu des moments qui m’ont troublé, fortement troublé. Quelques années, ils me troublent encore.

Peut-on imaginer un système à grande échelle ?

Je n’imagine pas qu’un fabricant de vélo puisse faire ça. C’est compliqué de tourner une industrie vers ça. Là, on a plus affaire à des gens qui s’emparent de cadres déjà existants pour les modifier.

Faut-il généraliser les portiques de contrôle au départ des courses ?

Oui. Il faut prévenir avant de guérir. Il faut frapper fort, vite et tout de suite. Il faut faire peur, que l’UCI démontre sa capacité à mettre en place un système fiable. Si en février-mars, l’UCI montre sa volonté de contrôler en mettant des contrôles dans toutes les courses européennes, ça va faire peur à ceux qui pensent pouvoir utiliser de tel système. Si on montre du laxisme, on est morts.