Un OM encore trop inoffensif

A Marseille, Fred Azilazian

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Orphelin de titre mais pas forcément de faits de gloire depuis 1993, Marseille disputera samedi contre Sochaux le solide sa 18e finale de Coupe de France, susceptible de consacrer une saison folle et son retour au tout premier plan du football français.
Orphelin de titre mais pas forcément de faits de gloire depuis 1993, Marseille disputera samedi contre Sochaux le solide sa 18e finale de Coupe de France, susceptible de consacrer une saison folle et son retour au tout premier plan du football français. — Michel Gangné AFP

Bis repetita. Après un triste match nul obtenu à Strasbourg (0-0), lors de la première journée de Ligue 1, l’OM a récidivé samedi soir face à Rennes (0-0), pour la première de l’année au Vélodrome. En panne d’efficacité, les Olympiens n’ont toujours pas inscrit le moindre but depuis le début du Championnat. Pas de quoi tirer la sonnette d’alarme, mais sûrement de quoi se poser déjà des questions.

Le Vélodrome peut-il se contenter de ce spectacle?
Comme pressenti, le retour de Samir Nasri dans le onze de départ aura indéniablement apporté un plus au jeu olympien, le jeune prodige marseillais endossant avec talent son costume de chef d’orchestre. Sorti à la mi-temps en raison d’une légère contracture à la cuisse [qui ne devrait pas l’empêcher de jouer mercredi à Valenciennes], l’international tricolore fut remplacé par un Mathieu Valbuena volontaire, mais trop brouillon. Sans Nasri, l’OM aura de nouveau balbutié son football, produisant un jeu beaucoup trop stéréotypé pour pouvoir inquiéter le bloc rennais. La question est maintenant de savoir si le Vélodrome pourra encore se contenter de trois actions chaudes en 90 minutes. «A l’avenir, il faudra parvenir à faire un match plein et à être beaucoup plus agressif dans le dernier geste», estime le généreux milieu défensif Lorik Cana.

Déjà sous pression à Valenciennes?
Sans avoir le temps de gamberger, les Phocéens vont désormais se pencher sur leur déplacement à Valenciennes, mercredi, pour le compte de la 3e journée de L1.
«Rejouer rapidement, c’est le meilleur moyen pour rebondir, estime Cana. On va discuter de ce qu’il nous a manqué et travailler nos réglages.» En cas de nouveau match sans but, les Olympiens craignent-ils la réaction de leurs supporteurs? «Non, poursuit le milieu défensif albanais. Les supporteurs ont tendance à nous mettre une certaine pression, mais c’est tout à fait normal, vu la qualité de l’équipe. Ça nous pousse à nous dépasser. En même temps, il faut qu’ils sachent qu’on ne pourra pas gagner tous les matchs 3-0. Il ne faut surtout pas nous juger trop vite. Cela ne sert à rien de nous mettre le couteau sous la gorge, cela ne nous aidera pas.»

Un nouvel attaquant dès cette semaine?
«L’absence de Mamadou Niang nous a fait cruellement défaut face à Rennes. Aujourd’hui, Mamadou est indispensable à l’équipe, tout comme Nasri. Avec Niang et Nasri à 100% de leurs moyens, le visage de l’équipe n’est pas le même.» Cette phrase d’Albert Emon, lancée ce dimanche matin à la Commanderie, a révélé une chose: malgré un bon recrutement, l’OM n’a pas aujourd’hui l’effectif pour pallier certaines absences. Pagis, Maoulida et Bamago partis, Marseille ne pèse plus trop lourd au niveau offensif. De quoi pousser les dirigeants olympiens à accélérer le recrutement d’un avant-centre supplémentaire? Parmi les nombreux noms annoncés (Bagayoko, Lubjoja, Allbäck, Berg, Koller), la piste du Belge du FC Nantes Luigi Pieroni (26 ans) semble pour l’instant être la plus fiable. «Pieroni nous intéresse», a confirmé le directeur sportif olympien José Anigo.