Natation: Manaudou en roue libre
OPEN DE PARIS – Pour la première journée, la Française a remporté sa finale tranquille…Stéphane Alliès
La parole en accord avec les actes. Laure Manaudou avait annoncé mercredi que l’Open de Paris de natation était «de la rigolade». Alors, le jeudi, elle fait un temps de vacancière. Remportant le 100m dos en 1’01”08, elle règle ses concurrentes dans un temps qui aurait fait sortir Philippe Lucas de ses gonds, à une seconde et trente centièmes de son record d’Europe. Au sortir du bassin du Racing, visiblement mécontente de sa prestation, elle lâche : «Je ne suis pas là pour battre des records. Je ne suis pas contente de mon temps, mais on ne peut pas parler non plus de vraie compétition». Les organisateurs apprécieront, eux qui ont mis en scène le luxueux Pré-Catelan pour le transformer en grand rendez-vous de la nage internationale.
Il est vrai que «l’esprit vacances» règne au milieu du Bois de Boulogne, entre gradins clairsemés et bermudas-mocassins. Une ambiance chicos, un brin ternie par le temps maussade, qui n’a toutefois pas décontracté tout le monde. L’américain Randall Ball s’est ainsi offert un temps canon sur 50m dos (24”84, à quatre centièmes du record du monde), tandis que les françaises Céline Couderc (55”78) et Alena Popchanka (55“65) ont obtenu une belle qualification pour la finale du 100m nage libre.
Le relais masculin 4x100m nage libre a obtenu une honnête deuxième place, en 3’20”65, derrière l’Ukraine mais devant la Russie. L’autre star de la natation française, Alain Bernard, a livré un dernier relais un peu faiblard (48”66) au regard de sa performance des championnats de France (48”12, deuxième meilleure performance de tous les temps). Mais le nouvel héros tricolore goûte sa célébrité nouvelle: «Ce qui m’arrive, c’est bien pour la natation masculine. Il est temps qu’on parle un peu de nous».
Quant au chéri de Manaudou, l’italien Luca Marin, il s’est fait un peu peur et a du s’employer dans un sprint final assez réjouissant, face aux deux hongrois Kis et Verraszto, sur 400m 4 nages. Cachée dans un coin de piscine, Laure Manaudou a tendu sa tête pour observer la course de son homme. Elle s’avouera «un peu stressée, car j’ai cru qu’il allait perdre». Avant de tancer les journalistes qui lui posaient l’éternelle question:
«- Ça fait quoi de revenir à Paris?»
«- Pour la dix-millième fois, c’est super. Vous posez toujours la même question, vous vous rendez compte?!»
Tout va bien sous la pluie parisienne de fin de journée, Manaudou est toujours amoureuse, elle a toujours du caractère… Mais elle nage un peu moins vite…


















