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Coupe du monde de rugby: Les Bleus ne veulent pas parler de 2007, ils ne s’en souviennent pas

Coupe du monde de rugby: Les Bleus ne veulent pas parler de 2007, ils ne s’en souviennent pas

RUGBYBeaucoup de joueurs n’ont aucun souvenir particulier d’un des plus grands exploits du rugby français…
Julien Laloye

J.L.

De notre envoyé spécial à Cardiff,

Bien sûr, parler de 1999 ou de 2007 doit les tanner, à force. On ne mesure jamais assez à quel point les sportifs détestent qu’on les compare à leurs prédécesseurs. Bien sûr, il y a ceux qui s’en souviennent très bien puisqu’ils y étaient (Dusautoir, Michalak…), mais qui refusent de penser qu’il faut s’en servir pour préparer le quart de finale de samedi face aux Blacks. C’est une posture qui se respecte. Mais ce qui nous chafouine est différent. Depuis la zone mixte après l’Irlande, on a dû demander à la moitié du XV de France ses souvenirs de l’exploit de 2007 à Cardiff. Il y en a bien cinq ou six qui nous ont dit qu’ils ne se souvenaient plus de grand-chose et qu’ils étaient incapables de savoir où ils se trouvaient ce jour-là. « Devant ma télé, j’imagine », nous dit Tillous-Borde. « Aucune idée d’où je pouvais me trouver », répond Chouly. C’est peut-être un truc de vieux con, mais après tout on n’est pas si vieux et on se rappelle pourtant de chaque sensation de la demi-finale de 1999, chez nos grands-parents, ou du quart de 2007, dans un bar d’étudiant.



Fofana nous a même avoué à la fin d’une conversation qu’il n’avait aucun souvenir de l’en-avant de Jauzion pour Michalak. « On n’en a jamais parlé avec Fred. Il y a des vidéos partout, tu es obligé de tomber dessus. Mais si ça dure 12 minutes, je ne vais pas passer 12 minutes à regarder le résumé sur youtube ? Et puis j’avais regardé en direct, mais vous voyez, ça ne m’avait pas marqué cet en avant. Ce sont des choses du passé, ça appartient à d’autres ». Notre sentiment est pourtant que cela appartient à la mémoire de chaque supporter français, même si l’on ne se risquera pas à essayer de tirer des conclusions de ce désintérêt de certains joueurs tricolores pour un des très grands moments de leur sport. Simplement, il est toujours surprenant de constater à quel point ce qui a de l’importance pour eux diffère du supporter lambda, journaliste ou pas.



Prenez le haka. Ça fait des jours qu’on leur demande s’ils ont prévu quelque chose, même symbolique, pour défier les All Blacks. On ne s’attend pas à ce qu’ils nous le disent, entendons-nous bien, mais tout de même. Quand Nyanga nous explique « qu’ils n’en ont pas parlé dans l’équipe » à deux jours du match alors que les grands exploits français contre la Nouvelle-Zélande se sont toujours construits dès leur réaction face au haka, on tique un peu. Nyanga clarifie. « Ce n’est pas ça qui nous fera gagner le match ou le perdre ». C’est vrai et il faut résister à la tentation de faire le lien entre cette indifférence apparente et nos doutes sur la capacité de cette équipe à mener la rébellion qui le fera au moins exister contre les Blacks.



En lisant L’Equipe du matin, on a appris qu’en 2011, c’est le chargé de liaison auprès de l’équipe de France, un Néo-Zélandais, qui avait soufflé aux joueurs l’idée du V de la victoire avant la finale. Dusautoir, le capitaine, n’estimait pas forcément nécessaire d’en passer par là pour être à la hauteur. Et pourtant, ce jour-là, la France n’a jamais été aussi proche de devenir championne du monde