Dutee Chand, l’athlète indienne qui pourrait changer la face du sport

ATHLETISME Souffrant d’hyper-androgénie, l’athlète indienne est en combat contre les règles de la définition du genre dans le sport…

Antoine Maes

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L'athlète indienne Dutee Chand, le 29 octobre 2014.
L'athlète indienne Dutee Chand, le 29 octobre 2014. — Rafiq Maqbool/AP/SIPA

Elle ne remportera probablement jamais de médaille olympique. Et pourtant, la sprinteuse indienne Dutee Chand (19 ans), sera peut-être à l’origine d’une révolution dans le sport en bouleversant les règlements autour du genre. Il y a un an, Chand a en effet été bannie par sa fédération lors des jeux du Commonwealth en 2014 par sa fédération pour son hyper-androgénie. En clair, son corps fabrique trop de testostérone, la principale hormone sexuelle mâle, supposée lui procurer un avantage sur ses adversaires.

Au lieu d’opter pour un traitement hormonal, une opération ou la retraite, elle décide donc de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport, à Lausanne. «Je veux rester qui je suis et continuer à courir», explique t’elle au moment de sa suspension. Mardi, le TAS l’a autorisé à concourir dans des compétitions internationales, deux mois après avoir lui avoir permis la même chose mais seulement pour l’Inde. Une décision provisoire, en attendant de trancher sur le fond du dossier, ce qui devrait prendre plusieurs mois.

Les cas similaires à celui de l’Indienne ne sont pas rares. Mais la défense choisie par Dutee Chand devant le TAS l’est beaucoup plus et fait déjà trembler les règlements: «Ce que j’ai est naturel, je ne me suis pas dopé donc je ne mérite pas de suspension. Je ne comprends pas pourquoi je devrais changer mon corps pour courir». Le fameux test hormonal en question est d’ailleurs la seule règle du sport mondial interdisant un phénomène naturel. A-t-on condamné Michael Phelps pour son 47 et son hyper-laxicité? Ou Usain Bolt pour ses jambes interminables qui lui permettent de faire le 100m en 41 foulées?

 

Evidemment que non, répond le comité de soutien qui s’est construit autour de Dutee Chand. Composé d’équipe de scientifiques experts de la question du genre et d’activiste, le groupe défend le cas de l’indienne à travers le monde. La pétition de soutien «Let Dutee Run» dépasse à peine les 5000 soutiens. En attendant, Dutee Chand a repris l’entrainement en vue des championnats d’Asie, au mois de mai. Testostérone ou pas.

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