XV de France: «Ça ne sert à rien de bouder dans notre coin», estime Mathieu Bastareaud

RUGBY Le centre du XV de France reconnaît que l'équipe ne va pas bien mais estime qu'il faut aller de l'avant...

N.C. avec AFP

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Mathieu Bastareaud lors du match France-Galles (13-20) le 28 février 2015.
Mathieu Bastareaud lors du match France-Galles (13-20) le 28 février 2015. — MARTIN BUREAU / AFP

Ça ne va pas mais il faut aller de l'avant. A cinq jours du match en Italie, le centre du XV de France Mathieu Bastareaud a assuré mardi que le coup de colère du manager Philippe Saint-André envers les joueurs après la défaite face aux Gallois avait été «évacué». Le Toulonnais estime qu'il ne sert «à rien de bouder».

L'ambiance est-elle pesante après cet accès de colère?

On a évacué le match du pays de Galles. On a échangé, c'est important dans la vie de groupe que chacun puisse donner son avis, son ressenti. Maintenant, l'objectif c'est l'Italie, où l'on doit faire preuve d'orgueil. Ça ne sert à rien de se mettre la tête encore plus dans l'eau. Il fallait que l'on revienne avec un peu plus d'enthousiasme, ça ne sert à rien de bouder dans notre coin. Oui, ça ne va pas, les résultats ne sont pas là. Mais il faut relever la tête, tout simplement. Ce n'est pas en ruminant que cela va faire avancer les choses. Maintenant, dimanche, il faudra des actes forts sur le terrain. C'est bien de faire des réunions, de se parler, mais si le week-end il n'y a rien...

Saint-André a utilisé des mots forts pour qualifier l'équipe, comme celui de «starlettes»...

Philippe a dit ce qu'il avait à dire. Il a même été un peu plus virulent. Quand le coach s'emporte comme cela, ça demande à se remettre en question. J'ai l'habitude en club que cela pique un peu [avec le manager Bernard Laporte]... Mais ça aussi c'est évacué, on n'est pas revenu ici en lui faisant la gueule. C'est des choses qui arrivent dans un groupe et au contraire ça peut être positif. Philippe avait besoin de s'exprimer avec ses mots. Il n'a pas à prendre des pincettes avec nous, c'est lui le boss.

Vous évoquiez les inhibitions de l'équipe après la défaite contre le pays de Galles, gardez-vous ce constat?

C'est un peu l'impression que j'ai. On a peur de tenter, de faire tomber les ballons et du coup on ne fait plus rien. Peut-être qu'on a peur de perdre notre place en vue de la Coupe du monde. On n'a jamais pris part à cette grande compétition et on a peur de la louper. On y pense un peu trop et on se dit que si on fait un mauvais match, c'est râpé pour nous. Mais en fonctionnant comme cela c'est le meilleur moyen de la louper. On s'est dit qu'il fallait prendre les choses les unes après les autres et il va falloir commencer à appliquer cela face aux Italiens.

Saint-André lui-même a encore rappelé récemment que vous risquiez tous votre place. Cela rajoute-t-il de la pression?

Ça ne devrait pas. Je pense qu'il faut arrêter de penser à cette Coupe du monde. Il faut déjà penser à être bon sur le terrain, individuellement, et apporter quelque chose à l'équipe. Au début du stage, on s'était fixé des objectifs. On s'était dit que la Coupe du monde était loin et que le but principal était le Tournoi. Depuis, peut-être qu'on s'est perdu là-dessus. Ce qui doit nous animer face aux Italiens, c'est d'être à 200%, d'aller dans le même sens et de tirer l'équipe vers le haut.

Comment abordez-vous la question de votre utilisation, parfois un peu trop systématique en équipe de France, et donc moins efficace qu'à Toulon?

C'est un système différent, pas les mêmes staffs ni les mêmes joueurs, ce n'est pas comparable. Après, je ne pense pas avoir la même importance à Toulon et en équipe de France. A Toulon, on se sert de moi pour des choses plus précises, en équipe de France je suis plus dans l'aspect collectif. Même si c'est un peu près le même rôle, il y a des différences dans la circulation et en attaque surtout.