Open d’Australie: Comment Amélie Mauresmo a séduit Andy Murray

TENNIS «Elle n’agit pas comme si elle savait tout, confiait l’Ecossais, juste avant Melbourne.…

Julien Laloye

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Andy Murray et Amélie Mauresmo, le 20 janvier 2015 à Melbourne.
Andy Murray et Amélie Mauresmo, le 20 janvier 2015 à Melbourne. — BPI/SIPA

«S’il vous plaît, aucune question sur Andy Murray». A moins d’être animé d’une curiosité de concierge pour les choses de la Fed Cup, un vice qu’on vous conseille de cacher à vos proches, le point presse -téléphonique- d’Amélie Mauresmo, mercredi matin, a vite perdu de son intérêt. C’est qu’on aurait bien aimé, précisément, interroger Mauresmo coach du 6e joueur mondial, plutôt que la capitaine de Caroline Garcia. Lui demander, au hasard, si elle avait l’impression de traverser sa première mise à l’épreuve aux côtés d’Andy Murray. Explication: jeudi, le Britannique retrouve Tomas Berdych en demi-finales de l’Open d’Australie. Berdych, conseillé depuis le début d’année par Dani Vallverdu, l’ex entraîneur-meilleur ami-confident  de Murray, remercié cet hiver pour faire place nette à notre Amélie nationale.

«Elle n’agit pas comme si elle savait tout»

Il se trouve en effet que la Française n’a pas mis six mois à séduire monsieur grincheux. «Elle n’agit pas comme si elle savait tout, confiait l’Ecossais, juste avant Melbourne. Pour quelqu’un qui a vécu une carrière de joueuse aussi riche, elle aime apprendre et poser des questions. C’est une bonne chose». Abandonné au milieu du gué par Ivan Lendl alors qu’il tentait de se reconstruire un physique après son opération du dos, Murray a retrouvé une certaine joie de vivre. Et Mauresmo un projet à la hauteur de ses exigences: «Il faut avoir l’obsession de la constance. C'est une qualité que je possédais et que j'observe chez Andy, déclare Mauresmo dans l’Equipe. Il n’est jamais satisfait dans tous les domaines. Ça va de “Qu'est-ce que je mange ?” à “Combien d'heures je dors ?” Un souci maniaque du détail.»

Les deux se sont tellement bien trouvés qu’il leur arrive même de se faire des mamours sur twitter. Pour le caractère, donc, ça colle. Pour le coaching, c’est encore difficile à évaluer. «Ce sera intéressant de voir en 2015 ce qu’Amélie va apporter à Andy sur le terrain» explique Henman. L’ancienne idole de Wimbledon avait émis quelques réserves sur leur association après un masters londonien que Murray avait fini sur la jante, essoré par Federer (6-0, 6-1). «Sur ce match, on n’a pas compris quelle identité il voulait donner à son jeu. Il s’est écarté de l’approche agressive prônée par Lendl qui lui avait permis de remporter l’US Open 2012 et Wimbledon 2013. On va voir l’impact d’Amélie». Fidèle à ses qualités de joueuse, Mauresmo a décidé de (re)faire de Murray ce joueur caméléon, capable d’adapter son jeu à son adversaire et aux conditions.

«Ils ont la même vision de comment gagner un Grand Chelem»

«L’important dans le sport, quand vous êtes capable comme Andy de faire beaucoup de choses sur un court, est de choisir le bon coup au bon moment. Il y travaille», dit-elle. Sa master classe de lobs gagnants contre Kyrgios, en quarts de finale, montre que l’Ecossais écoute les conseils de son coach et qu’il est sur la bonne voie. Même Vallverdu en convient: «Amélie a réussi de grandes choses dans sa carrière, et c’est une chance extraordinaire pour Andy de passer du temps avec une légende du jeu. Elle sera d’un très bon apport pour lui. Ils ont la même vision de comment faire pour gagner un Grand Chelem à nouveau».  A moins que le Vénézuélien ne soit parti avec la clé du coffre et le livre de recettes pour les transmettre à Berdych, évidemment.