Mondial de handball: Pour Jackson Richardson, «l’équipe de France dérange»
HANDBALL•Les Bleus entrent vendredi dans la compétition…Propos recueillis par Romain Baheux
Dans la mémoire collective, il est ce joueur un peu fou dont les coups de génie époustouflaient une France qui commençait à s'intéresser à son équipe de handball au milieu des années 90. Reconverti consultant pour beIN Sports, diffuseur du Mondial, Jackson Richardson livre son sentiment sur les Bleus, qui débutent la compétition vendredi contre la République tchèque (19h).
Est-on devenu trop exigeant avec cette équipe de France?
Les gens sont habitués à un certain niveau de performances et ne veulent pas que cela s’arrête d'un coup. Les joueurs sont aussi dans cet état d’esprit. Ils se disent qu’ils ont largement les possibilités de faire quelque chose de bien, d’aller au moins chercher un podium.
Ce serait une déception de ne pas les voir gagner?
C’est difficile d’être dans le négatif s’il y a une contre-performance avec ces joueurs. Ils sont tellement attendus par le public, les équipes adverses et les journalistes. Ils se mettent cette pression et ça leur va bien en général mais il y aura pas mal de choses autour d'eux pour tenter d'empêcher ce sacre.
Comme quoi?
L’équipe de France dérange les grandes nations du handball comme l’Allemagne, la Suède, le Danemark… Quand ce sont ces pays qui remportent tout, ça ne gêne pas car il y a beaucoup de leurs dirigeants dans les grandes instances. Au début, c’était bien car ça changeait un peu voir la France gagner. Le problème, c’est que cela dure. Ils regardent notre championnat, dont le niveau n’est pas assez élevé par rapport aux championnats allemand ou espagnol, et ils trouvent que nos victoires ne valorisent pas le handball pratiqué dans ces pays. En plus, certains estiment que les Bleus jouent trop sur leurs qualités individuelles, que le jeu pratiqué n'est pas assez collectif.
Combien de temps cette génération peut-elle encore gagner des titres?
C’est difficile à dire sinon je serais voyant. Ce qui est fort dans cette équipe, c’est que les vieux comme Jérôme Fernandez, Thierry Omeyer ou Daniel Narcisse, sont motivés comme des jeunes malgré les années. Ça les pousse qu’on leur dise qu’ils sont finis. Ils tiennent à prouver à tout le monde que l’on peut encore compter sur eux.
Votre génération était surnomée les "Barjots". Retrouvez-vous cette folie chez vos successeurs?
Nous, ça faisait quatre cinq ans que l’on était professionnel, on avait encore cette image d’amateur. On n’avait pas cet engouement médiatique autour de nous et on avait un peu plus de temps après les compétitions pour s'éclater un peu. Maintenant, je pense que la folie est toujours là. Ils savent faire "péter la goupille" mais plus discrètement.



















