Championnat du monde: Fabriquée de toute pièce avec des étrangers, l’équipe du Qatar rêve du titre mondial

HANDBALL Avec, entre autres, le Français Bertrand Roiné dans ses rangs…

B.V.

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Nikola Karabatic (à gauche) face à Bertrand Roiné, français jouant pour le Qatar, en 2014
Nikola Karabatic (à gauche) face à Bertrand Roiné, français jouant pour le Qatar, en 2014 — HENRI COLLOT/SIPA

Cela fait déjà quelques années que le sujet embarrasse à mots couvert le monde du handball. Mais, jusqu'au soir de la finale, il risque de souffler un vent de polémique sur les championnats du monde. Parce que l'équipe nationale du Qatar, composée majoritairement de joueurs étrangers recrutés ces dernières années à grands coup de dollars, n'inspire plus seulement moqueries et indignations, mais surtout de la crainte.

Avant le début de la compétition, l'ailier français Samuel Honrubia  assurait «C'est un vrai danger et on le verra pendant ce mondial. C'est une bonne équipe qui a beaucoup progressé.» Si bien que l'an passé, ce Babel de naturalisés a bousculé Français et Danois alors en pleine préparation pour l'Euro. Il y a deux ans, presque prophétiquement, le capitaine des Bleus Jérôme Fernandez déclarait: «Ça me dérange pas qu'une nation faible veuille se renforcer avant d'organiser un tournoi, reprend le capitaine des Bleus. Mais ça deviendrait gênant sils faussaient tout en recrutant des joueurs qui leur permettent de devenir champions du monde.»

Onesta: «Tant qu'ils restent dans les règles»

Aujourd'hui, le Français Roiné, champion du monde avec la France en 2011, le Monténégrin Stojanovic, le cubain Capote, l'Espagnol Borja Fernandez, l'Egyptien Mabrouk ou les Tunisiens Wajdi et Ben Ali peuvent créer une sorte de précédent dans le sport international, démodant certains principes de formations et de fidélité au maillot. «Les gens qui portent le maillot du Qatar seront pour certains des Qatariens occasionnels, juge le sélectionneur français, Claude Onesta. Ce nest pas la façon dont moi j'ai envie de composer mon équipe nationale, mais il est évident que pour eux, ça allait plus vite de faire comme ça. Ils sont respectueux du règlement et à partir de ce moment-là, je n'ai pas à commenter.»

Car la règle autorise n'importe quel joueur à changer de pays s'il n'a pas évolué pour une autre sélection nationale lors des trois dernières années. Et voilà à peu près comment le très réputé coach espagnol Valero Rivera a composé la sélection qatarienne. Débarqués à tour de rôle dans l'Emirat depuis 2012, les «mercenaires» s'entraînent ensemble presque toute l'année et forment désormais une vraie équipe. Jackson Richardson avait vu juste avant le Mondial «Ça fait quatre, cinq mois qu'ils sont en préparation, ils apprennent à mieux se connaître. Tous ces joueurs qui ont évolué en Europe sont en train de faire monter cette nation. Il faudra se méfier deux.» Aujour'hui, même s'ils ne connaissent pas leur hymne par coeur.. Ils sont en finale des championnats du monde de handball.