«Le pilote qui m’a le plus marqué? Senna!»

© 20 minutes

— 

Pourquoi sortir une biographie * à cet instant de votre carrière ? Olivier Panis : J’ai dix ans de F1 derrière moi et cela faisait longtemps que l’on me poussait à écrire ce livre. Mon parcours a été mouvementé avec de bons moments, ma victoire à Monaco, et des moins bons, mon accident au Canada. Quel regard portez-vous sur ces dix ans de Formule 1 ? C’est très positif, je ne regrette aucun des choix que j’ai faits. Vous savez, il n’y a que 20 pilotes dans le monde qui peuvent faire mon métier. Et quand j’ai accédé à la F1, il y avait beaucoup d’appelés et peu d’élus. Comment abordez-vous ce week-end le Grand Prix de France, une course qui ne vous réussit guère ? J’aimerais réussir quelque chose à Magny-Cours, car j’ai toujours eu des ennuis, même lorsque j’étais bien placé sur la grille de départ. J’espère que cette année, les choses changeront avec Toyota. Croyez-vous qu’une aventure telle que celle de Prost GP est encore possible en F1 ? Le problème, c’est que la F1 est devenue un championnat de constructeurs. Le seul qui pouvait faire une équipe française privée en Formule 1, c’était Alain Prost. Après ce qui s’est passé, je pense qu’on n’est pas près de revoir une écurie privée se lancer en F1... La popularité de la F1 a baissé, il a fallu changer les règlements. Qu’en pensez-vous ? La désaffection du public peut se comprendre quand c’est toujours la même voiture qui gagne. Néanmoins, la F1 est toujours un des sports les plus populaires au monde, même quand il y a une baisse de l’audience. Les nouvelles règles vont dans le bon sens : les courses sont plus disputées, les qualifications sur un tour sont passionnantes. Justement, vous appréciez cet exercice des qualifications ? J’aime bien, mais c’est tout de même un truc très spécial. C’est comme une descente en ski, tu n’as qu’une chance et pas de droit à l’erreur. La poussée d’adrénaline est énorme, mais c’est sympa. Avez-vous toujours autant de plaisir à piloter en F1 ? Toujours ! Une F1 comme la Toyota, c’est un outil diabolique, une machine exceptionnelle. Quand on raconte les sensations que l’on éprouve, les gens nous prennent parfois pour des fous. Durant ces dix dernières années, vous avez côtoyé de très grands pilotes. Lequel vous a le plus marqué ? Par son caractère et ses résultats, c’est évidemment Ayrton Senna. J’ai pu le rencontrer en 1994, avant son accident, et c’est vrai qu’il avait quelque chose de magique. Alain Prost était également un point de repère, tant sa carrière fut exceptionnelle. Je suis aussi ami avec Mika Häkkinen, avec qui j’ai travaillé et pour lequel j’ai beaucoup d’admiration. Et Michael Schumacher ? Je le respecte, car c’est un vrai professionnel. Il utilise son matériel à 100 %, il travaille à fond avec son écurie pour la faire progresser. Mais il ne gagne pas tout seul. Propos recueillis par Claude Dautel * Olivier Panis, passion F1 par Thierry Le Bras, chez Hêtre Editions.

Il n’y a que 20 pilotes dans le monde qui peuvent faire mon métier.