Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
France-Allemagne: Séville 82-Guadalajara 86, les Bleus s’en fichent, et tant mieux

France-Allemagne: Séville 82-Guadalajara 86, les Bleus s’en fichent, et tant mieux

FOOTBALLes joueurs de l'équipe de France n’étaient pas nés (sauf Mickaël Landreau)…
B.V. à Ribeirao Preto

B.V. à Ribeirao Preto

De notre envoyé spécial à Ribeirao Preto (Brésil)

Il lève les yeux au ciel, hésite, donne l’impression de torturer son cerveau à la recherche d’un lointain souvenir. «Si, ça m’évoque quelque chose… J’ai vu les images… Battiston 82, le contact avec le gardien. Je me souviens aussi d’une demi-finale en… 86, je crois. Alors qu’ils avaient battu le Brésil en quarts il me semble.» Et pourtant, quand on parle de culture foot, Blaise Matuidi est loin d’être le plus nul. Mais les traumatismes de Séville et de Guadalajara, ces deux cruelles défaites en demi-finale de Coupe du monde face à l’Allemagne, ne hantent pas ses souvenirs.

Venus au monde entre 1979 et 1993, les Bleus n’ont pas été élevés dans un monde ou Harald Schumacher est l’allégorie du diable. «Je n’étais pas né, enjoint Mamadou Sakho. On m’en a parlé, mais je n’étais pas né donc je ne peux pas trop m’exprimer là-dessus.» Et tant mieux. Leur adolescence, leurs premières joies de supporters, c’est l’équipe de France qui gagne. Celle qui ne fait pas de complexe, celle qui n’a pas peur de l’Allemagne, qui ne la jalouse pas. «J’ai toujours été fier et heureux de ce que la France a pu faire par le passé, en 98, en 2000, en 2006 reprend Matuidi. Je parle d’un passé récent car avant, je n’étais pas né. Pour moi, c’est une fierté d’avoir ce maillot. Je ne ressens pas le besoin d’envier une autre nation.»

Giresse: «Cela ne les concerne pas»

Car au fond, à part remuer le couteau dans une cicatrice qui ne fait plus souffrir que la vieille garde, à quoi ça sert d’évoquer tout ça? «A rien, coupe Deschamps. Il faut vivre avec son temps. Ça fait partie de l’histoire, mais on ne va pas faire les vieux combattants. Je ne vais pas en parler à mes joueurs». Histoire d’éviter qu’au moment d’inscrire le penalty victorieux à la fin de 120 minutes étouffantes, l’un d’entre eux n’ait la jambe qui flageole parce qu’il y a trente ans, Six et Bossis n’ont pas rentré le leur.

«Je pense qu’ils connaissent tous cette histoire, certains un peu, d’autres plus selon leur intérêt, mais ce n’est pas essentiel, estime d’ailleurs l’un des héros de cette époque, Alain Giresse. Ce n’est pas là-dedans qu’ils vont puiser leur motivation. Cela ne les concerne pas, pour le présent ça n’amène rien. En 1982, on ne s’était pas servi de ce qu’avait fait l’équipe de France en 1958: chaque groupe doit écrire sa page de l’histoire de l’équipe de France.» Et même si elle venait à en écrire une belle vendredi, ça ne changerait en rien ce qu’il s’est passé il y a déjà bien longtemps sous le soleil de Séville.