Suisse-France: Au camp de base des supporters suisses de Rio, «on pense déjà au Honduras»
REPORTAGE•La Nati n’a pas tenu ses promesses…Corentin Chauvel
De notre correspondant à Rio de Janeiro
Bar aux allures de chalet suisse, raclette, saucisses, luges géantes, couteau suisse ambulant et même un Saint-Bernard, on se croirait presque de l’autre côté des Alpes à la «Casa da Suiça» («Maison de la Suisse») de Rio s’il n’y avait la chaleur et les palmiers. Comme on peut s’y attendre, l’ambiance est calme, très calme, avant le Suisse-France de ce vendredi.
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Peu de Suisses au final dans l’assistance – mais toutes les autres nationalités présentes soutiennent la Suisse - et ceux-là sont en majorité germanophones. Alors gagner contre la France n’est pas forcément une question d’honneur. «C’est mieux de perdre contre les Français que contre les Allemands, vous vous êtes sympas», dira plus tard Bruno, en vacances au Brésil «surtout pour le foot, un peu pour la Suisse». Pour Fabienne, l’une des rares francophones, «la rivalité n’existe plus à l’étranger, ici c’est l’Europe». De son côté, Marc, aussi neutre que son pays, ne voit même pas d’«ennemi» sportif historique à la Suisse.
«On a la meilleure équipe du monde, on va gagner 3-0»
Avant le coup d’envoi, la confiance est pourtant élevée, voire très élevée chez nos voisins transalpins. «On a la meilleure équipe du monde, on va gagner 3-0», s’avance Marc. D’autres Suisses sont un peu plus mesurés, mais restent confiants. «On joue toujours contre la France ces derniers temps en compétition, c’est toujours un défi, mais je pense que nous avons une équipe plus forte qu’il y a quatre ans, avec beaucoup de bons jeunes», estime pour sa part le jeune Caio, 19 ans.
Evidemment, les deux buts encaissés en moins de 20 minutes par la Nati vont rapidement geler le chalet suisse qui ne pipe mot jusqu’à la mi-temps, ponctuée du troisième but de Valbuena. Forcément, à la pause, c’est la fondue à la grimace pour les supporters. «Je ne suis plus très confiant», confie Caio. «Notre défense est trop faible, j’ai peu d’espoir pour la suite, on pense déjà au Honduras», renchérit Marc.
«Ah, ah! Un match, c’est toujours 90 minutes»
Les chants suisses qui résonnent à la mi-temps ne réconfortent personne et la seconde période est suivie dans une indifférence presque générale. Jusqu’aux réductions du score de Dzemaili et Xhaka. «Ah, ah! Un match, c’est toujours 90 minutes», s’amuse Bruno qui démarre une chenille avec deux autres supporters. Au coup de sifflet de final, le chanteur traditionnel suisse est de retour et on reprend de la saucisse.
Peu importe le résultat, Nicolas Bideau – le fils de Jean-Luc, c'est lui qui précise -, le responsable de la Casa da Suiça, est très satisfait avec près de 60.000 visiteurs en dix jours dans ce bar privatisé situé au bord du grand lac de Rio. «Avec cette maison ouverte, nous allons à l’encontre du cliché de la Suisse fermée et cela nous permet de communiquer sur le pays car il est très peu connu au Brésil, tout est à construire», explique-t-il. Il ne reste plus qu’à espérer que la Nati ne tombe pas du traineau lors du dernier match face au Honduras mercredi prochain.


















