Sotchi2014: Peut-on toujours mourir en luge aux JO?

LUGE La question se pose, quatre ans après le décès du Géorgien Nodar Kumaritashvili lors d’un entraînement aux Jeux de Vancouver…

Romain Scotto

— 

La lugeuse française Morgane Bonnefoy, lors d'un entraînement aux Jeux de Sotchi, le 6 février 2014
La lugeuse française Morgane Bonnefoy, lors d'un entraînement aux Jeux de Sotchi, le 6 février 2014 — LIONEL BONAVENTURE / AFP

De notre envoyé spécial à Sotchi,

Dans la station de sports d’hiver d’Alpika, où se déroulent actuellement les entraînements de luge, un nom revient forcément dans les conversations. Il y a quatre ans presque jour pour jour, la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux, le lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili perdait la vie en s’encastrant contre un poteau. Un scénario effroyable qui a poussé la fédération internationale à agir pour que la piste des Jeux de Sotchi n’accueille pas un autre corbillard.

«Ça a été une prise de conscience collective, indique Frédéric Dambier, directeur sportif de la luge française. Des mesures ont été prises pour ralentir les pistes. Alors, je touche du bois, mais à mon avis, on ne peut plus mourir en faisant de la luge aujourd’hui.»

Même discours du côté de Morgane Bonnefoy, la seule Française engagée dans la discipline aux Jeux: «Moi, si on me demande si on peut se faire mal en luge, je vais dire non», enchaîne l’athlète de 23 ans. Dès sa construction, la piste de «Sanki», du nom des traîneaux russes sur lesquels les enfants s’amusent, a été pensée pour la sécurité des pilotes. Contrairement à celle de Vancouver, celle-ci possède trois virages relevés, agissant comme des ralentisseurs naturels. A pleine vitesse, les lugeurs ne peuvent dépasser les 135 km/h, maximum établi par la FIL.

Les plus maladroits interdits de descente

«L’objectif n’est pas de brider les athlètes, mais de brider la piste», poursuit Dambier. A l’entraînement, les lugeurs s’élancent aussi de plus bas, afin de limiter les risques d’embardées. Mais la vraie nouveauté se situe en coulisses où des spécialistes de la fédération internationale observent l’allure de chaque descendeur. Si l’un d’eux ne maîtrise pas sa machine, il est automatiquement exclu du concours. «Interdit de descente» selon le règlement. «Ce n’est pas la vitesse, mais la maîtrise de la piste qui est importante», explique Morgane Bonnefoy.

Dès les entraînements, le lugeur doit prouver qu’il ne subit pas le parcours et possède un niveau technique suffisant pour ne pas être éjecté dans la moindre courbe. Une sorte de note artistique, destinée à protéger les athlètes inexpérimentés comme l’était Kumaritashvili. Pour mieux former les athlètes des nations mineures, où la culture de la luge n’est pas très développée, la FIL a aussi développé un fonds spécial. Des formateurs internationaux travaillent auprès des plus jeunes pour leur transmettre une base technique solide. Et éviter que leur descente olympique soit la dernière de leur vie.